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Crédit immobilier : ce que la guerre au Moyen-Orient peut changer pour votre projet

Vous aviez peut-être tout calé. Le bien repéré, le rendez-vous bancaire dans l’agenda, la mensualité à peu près en tête. Et puis, depuis quelques semaines, le doute s’installe. Entre les images d’un Moyen-Orient embrasé, le prix du carburant qui grimpe et les commentaires inquiets sur les taux, une question revient : votre projet immobilier tient-il toujours la route ? Voici, en chiffres et avec un peu de recul depuis le début de ce nouveau conflit, des éléments pour mieux comprendre ce que la guerre change concrètement pour votre crédit.

Du Moyen-Orient à votre mensualité : la mécanique des taux

Comment un conflit déclenché le 28 février, à des milliers de kilomètres, peut-il finir par peser sur votre future mensualité de crédit immobilier ? Par une mécanique en cascade, plus directe qu’on ne l’imagine. La guerre en Iran a fait flamber les prix du pétrole et du gaz, sur fond de craintes autour du détroit d’Ormuz, point de passage stratégique du brut mondial. Cette envolée énergétique a ravivé l’inflation. Quand l’inflation repart, les investisseurs exigent une rémunération plus élevée pour prêter aux États — et les taux d’emprunt publics montent.

Le maillon décisif pour vous qui envisagez d’emprunter pour un projet immobilier se nomme l’OAT à 10 ans, le taux auquel la France emprunte sur les marchés. C’est la boussole que suivent les banques pour fixer leurs barèmes de crédit immobilier : lorsqu’elle monte, le coût auquel les banques se refinancent monte aussi, et vos taux avec. Or cette référence s’est nettement tendue. Partie d’environ 3,2 % fin février, elle a frôlé 3,9 % fin mars, son plus haut niveau depuis la crise de 2009, avant un second pic au-delà de 4 % le 20 mai. Elle est depuis redescendue autour de 3,6 à 3,7 % à la mi-juin.

À cela s’ajoute la politique monétaire : le 11 juin, la Banque centrale européenne a relevé son principal taux directeur de 0,25 point, à 2,25 %, pour contenir l’inflation. Deux forces, donc, poussent dans le même sens — la tension sur les marchés obligataires et le resserrement de la BCE.

Un impact réel, mais pour l’instant mesuré

Faut-il pour autant céder à l’inquiétude ? Non. Et c’est essentiel de le dire : à ce stade, l’impact sur votre crédit reste mesuré. Les taux des prêts immobiliers sont passés d’environ 3,05 % à la mi-2025 à 3,25 % au printemps 2026, avec des barèmes relevés en moyenne de l’ordre de 0,10 point au mois d’avril. Concrètement, 0,10 point de plus sur un prêt de 200 000 euros, c’est une dizaine d’euros de mensualité supplémentaire : réel, mais loin de remettre en cause l’équilibre d’une opération. Les meilleurs profils décrochent encore des taux autour de 3 % sur 20 ans.

Une comparaison s’impose pour prendre la mesure de la situation : nous ne sommes pas en 2008. Lors de la crise des subprimes, c’est tout le système bancaire qui était grippé, avec une défiance généralisée et un véritable problème de liquidité. Aujourd’hui, rien de tel : les banques ne sont qu’indirectement touchées par le conflit, elles disposent des liquidités nécessaires et continuent de piloter finement leurs grilles pour rester compétitives. La remontée des taux est progressive, pas brutale — une nuance qui change tout pour qui prépare un achat.

Le véritable frein n’est donc pas tant le taux que la confiance en l’immobilier et en l’avenir. Après un point bas à 845 000 ventes en 2024, le marché de l’ancien avait nettement rebondi en 2025, à 952 000 transactions. Puis la guerre a cassé l’élan : la Fédération nationale de l’immobilier (FNAIM) a recensé 17 000 ventes de moins sur les seuls mois de mars et avril, et a revu sa prévision 2026 autour de 900 000 ventes, soit un recul d’environ 5 %. Les prix, eux, restent quasi stables sur un an (autour de 2 994 €/m² pour l’ancien), les appartements progressant légèrement quand les maisons refluent un peu. Autrement dit, ce ne sont pas les taux qui s’envolent : c’est l’attentisme qui revient.

Ce climat touche d’abord les ménages les plus exposés à la hausse de l’énergie — ceux qui achètent loin de leur travail, en périphérie ou en zone rurale, et pour qui la facture de carburant pèse soudain plus lourd dans le budget. La géopolitique ne reste pas un sujet abstrait : elle s’invite dans le calcul très concret du « reste à vivre ».

Toute la question est désormais celle de la trajectoire — et elle dépend de deux inconnues. La première est géopolitique : un accord de paix de principe a été annoncé à la mi-juin. S’il tient, les tensions sur l’énergie et l’inflation devraient refluer, et la pression sur les taux se desserrer. La seconde est monétaire : le rythme auquel la BCE poursuivra, ou non, son resserrement. Dans son scénario le plus défavorable, celui d’un conflit qui s’installe, la FNAIM évoque une hausse supplémentaire pouvant atteindre 100 points de base d’ici la fin de l’année. Mais l’inverse est tout aussi possible : une désescalade durable rouvrirait la voie à une détente. Nous sommes face à une stabilisation fragile, pas à un effondrement.

Que faire si votre projet est en cours ?

Cette période accentue une tendance de fond : le marché du crédit devient plus sélectif. Les primo-accédants représentent désormais près de la moitié des emprunteurs, le plus souvent sur 25 ans et avec un apport limité, tandis que les ménages les plus modestes peinent davantage à accéder à la propriété. Dans ce contexte, la qualité de votre dossier — apport, stabilité des revenus, bonne tenue des comptes — n’a jamais autant compté : c’est elle qui détermine, plus que jamais, le taux que l’on vous proposera. Bonne nouvelle, en revanche : le législateur s’empare lui aussi du sujet, plusieurs pistes étant à l’étude pour soutenir l’accession et l’investissement locatif.

Que faire, concrètement, si vous avez un projet en cours ? Quelques principes simples permettent de traverser cette période sans la subir.

  • Sécurisez un dossier avancé. Si votre financement est déjà accepté, cette validation vous protège des évolutions de barèmes. Finalisez sans laisser traîner, et assurez-vous que l’accord de la banque correspond bien aux conditions prévues.
  • Comparez, vraiment. Les banques réagissent en ordre dispersé, au cas par cas selon les profils. L’écart entre deux établissements n’a sans doute jamais été aussi marqué : sur la durée d’un prêt, il peut représenter plusieurs milliers d’euros.
  • Surveillez le taux d’usure et optimisez votre TAEG. Ce taux maximum légal (assurance et garanties comprises) peut, en cas de remontée brutale, devenir un couperet — les premiers pénalisés étant les emprunteurs dont l’assurance coûte cher (au-delà de 40 ans, ou en moins bonne santé) et les revenus modestes. La délégation d’assurance, permise par la loi Lemoine, est ici un levier précieux pour faire baisser le coût total et repasser sous le seuil.
  • Soignez votre apport et votre reste à vivre. Dans un marché devenu plus sélectif, c’est la solidité du dossier qui fait la différence sur le taux obtenu.

L’enjeu n’est pas mince : à titre d’illustration, passer de 3,15 % à 3,60 % sur un emprunt de 200 000 euros représente près de 15 000 euros de coût supplémentaire sur 25 ans. Viser le bon taux, et pas seulement un taux, change tout.

Bien accompagné pour décider en confiance

C’est précisément dans ces périodes incertaines qu’un courtier peut vous accompagner avec son regard. Chez IN&FI Crédits, nous suivons les barèmes au quotidien, nous savons quelles banques restent à l’offensive, nous construisons votre dossier pour qu’il franchisse les bons seuils, et nous négocions votre assurance pour alléger le coût global. Notre rôle n’est pas de vous dire ce que vous devez faire : il est de vous donner une lecture claire du marché et les moyens de décider en toute sérénité, sans céder ni à la panique ni à la précipitation.

La guerre au Moyen-Orient a rappelé une évidence : un projet immobilier se construit sur la confiance et la visibilité. Quand le contexte les fragilise, s’entourer des bons conseils n’est pas un luxe, c’est la meilleure façon d’avancer sereinement. Rapprochez-vous de votre agence IN&FI Crédits. Ensemble, regardons comment sécuriser votre projet dans les conditions d’aujourd’hui — et le préparer à celles de demain.

 

Sources :
FNAIM (conférences de presse des 14 janvier et 17 juin 2026) ;
Banque de France ; Banque centrale européenne ;
Agence France Trésor (données de marché OAT 10 ans) ;
INSEE (inflation).





















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