Si vous avez un crédit immobilier, vous devriez retrouver le sourire - Avril 2020

Les banques ont obtenu des gages pour favoriser les prêts aux entreprises mais également aux ménages.

Si je vous parle de «coussin contracyclique», vous allez sans doute partir en courant. Certains penseront peut-être qu’il s’agit d’un nouveau type de sac cousu pour agrémenter leur canapé. Non, il est ici question d’immobilier. Et il se trouve que cela peut vous concerner indirectement. Ce «coussin» désigne les réserves imposées aux banques par les autorités financières pour faire face à une crise. Cette semaine, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, a annoncé qu’il avait été supprimé, comme le réclamaient les banques.

Autrement dit, les établissements financiers ont désormais plus de latitude pour favoriser les prêts aux entreprises et aux ménages. Une bonne nouvelle, en cette période de crise, où le pouvoir d’achat des plus fragiles sera impacté. Mais, en raison du confinement, l’heure n’est pas forcément à l’investissement. Et de toute façon, les banques ont d’autres priorités que de traiter les nouvelles demandes de crédit. «Le marché est à l’arrêt. Les banques traitent en priorité les demandes de report d’échéances qui affluent depuis le début de semaine», explique Sandrine Allonier, responsable des partenariats chez Vousfinancer, courtier en crédit immobilier.

Comme le prévoient la plupart des contrats de crédit, les emprunteurs peuvent demander à leur banque de reporter le paiement de leurs mensualités. Et ce, pour faire face à une perte d’emploi, une baisse de revenus, un accident de la vie mais aussi la naissance d’un enfant, un mariage ou bien encore des dépenses imprévues. «D’après nos premières remontées, les banques se montrent bienveillantes à l’égard des clients qui ont un crédit en cours, explique Bruno Rouleau, directeur des partenariats de IN&FI Crédits, courtier en crédit immobilier. Mais, pour l’heure, aucun accord n’a encore été signé».

Autre bonne nouvelle: les taux des emprunts d’État, après s’être tendu un temps, repartent nettement à la baisse. Conséquence: les taux de crédit immobilier ne sont pas près de remonter. «De toute façon, les banques, très soucieuses de leur image de marque, ont tout intérêt à faire preuve de mansuétude avec leurs clients», conseille Bruno Rouleau. Surtout si les autorités financières leur ont donné des gages de liquidité, comme l’a annoncé la BCE cette semaine. «Les banques vont devoir se montrer plus flexibles. La suppression du «coussin» et les 750 milliards d’euros de la BCE doivent leur permettre d’assouplir les crédits pour relancer la machine», explique Sandrine Allonier.

Et ce, même si les mesures de restriction qui ont été publiées en décembre dernier – pas de prêts sur plus de 25 ans et avec des taux d’endettement inférieur à 33% – sont encore valables pour les emprunteurs. «Nous avons souhaité concentrer nos efforts sur les PME car c’est là qu’il y a des difficultés. Les ménages ont déjà des filets de sécurité (prise en charge par l’État des salaires, NDLR)», explique-t-on à Bercy. Preuve que les autorités financières savent aussi se montrer intransigeantes, en période de crise.

Source Guillaume Errard Le Figaro.fr