Les banques peuvent-elles gripper le marché immobilier ? - Janvier 2020

Le marché immobilier se porte t-il si bien que les pouvoirs publics ou les autorités financières doivent s’inquiéter ? Les banques vont-elles continuer à distribués des crédits immobiliers ? Analyse et clés de lecture pour 2020… et après.

Le nombre de transactions qui vole de records en records dans l’Ancien, depuis 3 ans maintenant, arriverait presque à faire passer sous silence le sujet préoccupant de la construction quant à son impact social, tant sur l’emploi dans le secteur du bâtiment que pour la population primo-accédant qu’elle attire traditionnellement. Au cœur du sujet, la quantité de logements disponibles structurellement inférieurs aux besoins d’une population française, attachée à la pierre mais cantonnée dans la moyenne basse européenne du taux de propriétaires. Pour y répondre, il conviendrait de tracer une véritable politique ambitieuse du Logement, non pas au gré des aléas du Marché et du bouclage des budgets de l’Etat, mais en prenant les composantes en profondeur, et en se donnant des perspectives, qui éclairerait également les acteurs économiques y intervenant.

La bonne tenue de l’immobilier est liée à la distribution de crédit

Pour revenir au sujet actuel de la bonne tenue du marché de l’immobilier résidentiel, il faut admettre qu’elle reste très liée à celle de la distribution du crédit, puisque le recours à l’emprunt pour acquérir sa résidence principale varie assez peu, et s’établit entre 83 et 90 % selon les années – Or, l’euphorie de ces 3 dernières années est indiscutablement collée au niveau historiquement bas des taux d’intérêts, et à un intérêt économique des Banques à intensifier leur production de crédits. On va ainsi cette année avoir dépassé les 240 Mrds € de prêts nouveaux accordés, et l’encours de crédits immobiliers auprès des ménages a franchi depuis plusieurs mois les 1000 Mrds €, pour sans doute flirter fin 2019 avec les 1100 Mrds €.

Tout va donc bien dans le meilleur des mondes, comme l’exprimait Voltaire, sauf que semble aller trop bien selon les autorités de contrôle bancaire et quelques organes consultatifs…Du coup, le doute s’installe sur l’intention des Pouvoirs Publics ou des autorités financières. Les banques pourraient-elles mettre fin à cette période dynamique ? Voici les clés de lecture de Bruno Rouleau, porte parole du courtier In&Fi Crédits pour appréhender la situation.

L’immobilier ne connait pas de risque de bulle spéculative

Non, le marché immobilier français ne connait pas de risque de bulle spéculative ! Contrairement à ce que laissent passer comme message certains acteurs de la régulation, la forte pression sur les transactions et sur les prix est essentiellement liée à une demande émanant des particuliers souhaitant acquérir leur résidence principale. D’ailleurs, les investissements locatifs sont concentrés dans le neuf afin de bénéficier des avantages fiscaux. C’est aussi pour cela que  Julien Denormandie vient d’annoncer l’élargissement de son dispositif d’accompagnement fiscal à l’investissement locatif dans l’ancien avec travaux. Le secteur de la construction vivant une passe difficile, du fait de la contraction des dispositifs d’aide (APL, extinction tout juste différée du PTZ dans les zones distendues pour le Neuf), les Pouvoirs Publics ne peuvent limiter la surchauffe de la demande qu’en favorisant l’investissement privé dans l’Ancien.

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