L’assurance emprunteur, un enjeu majeur - Avril 2018

L’amendement Bourquin rebat les cartes de l’assurance crédit. Tout ce que vous devez savoir pour conseiller au mieux vos clients.

Pour garantir le remboursement d’un crédit en cas de décès ou d’invalidité permanente, les banques exigent la fourniture d’une assurance de prêt. Afin d’être bien certaines que les emprunteurs répondent à leurs exigences sécuritaires, les banques se sont organisées pour contrôler et distribuer elles-mêmes ces contrats d’assurance. Pour  la seule branche du crédit immobilier, il s’agit d’un marché financier de 6,5 milliards d’euros de primes annuelles. Une extraordinaire machine à cash qui dégage de 40 à 50 % de marge ! Le secteur bancaire a préempté à lui seul 88% du marché global via les contrats groupe.

25 % du coût total de l’opération de crédit

Confiant, le consommateur, qui devrait être l’arbitre de ses décisions, hésite toujours à mettre en concurrence l’offre  de son banquier. Faute d’une information objective, l’emprunteur ignore totalement ses droits en matière d’assurance de crédit et passe à côté des gains de pouvoir d’achat qu’il pourrait obtenir en réduisant sa facture de prime sans pour autant diminuer ses garanties. En empruntant au taux de 1,2 % avec une assurance à 0,4 %, cette part représente 25 % du coût global de l’opération de crédit. Dans ces conditions, il est bien certain que l’économie faite sur les cotisations d’assurance peut être considérable. Ainsi, pour un couple âgé de 35 ans qui fait un prêt de 150000 euros sur 25 ans, la souscription d’un contrat individuel peut représenter une économie de 15000 à 18000 euros, pour des garanties identiques, voire supérieures à un contrat groupe de banque.

.

« Aujourd’hui, seuls 15 % des dossiers d’assurances échappent à la mainmise des banques. »

.

Possibilité de résiliation à chaque date anniversaire

Sous la pression européenne d’ouverture du secteur de l’assurance à la concurrence, le législateur français a produit Des textes successifs, dont l’amendement Bourquin pris en application de la loi Sapin 2 de 2017 qui autorise la résiliation annuelle de l’assurance emprunteur depuis le 1er janvier. Cette disposition constitue une véritable  révolution puisque, désormais, tous les emprunteurs peuvent librement résilier leur contrat d’assurance à sa date anniversaire, avec un préavis de deux mois, et faire jouer la concurrence pour faire baisser le coût financier de leur prêt immobilier. A titre d’exemple, un contrat signé en juin 2010 pourra être résilier à dater du 1er juin 2018 en faisant parvenir le courrier avant le 1er avril 2018.

Entre 600 millions et 1,4 milliards de primes pourraient changer de mains

Selon les estimations du cabinet d’audit McKinsey, 63 % des stocks d’assurances emprunteur seraient concernés, soit entre 600 millions et 1,4 milliard d’euros de primes qui pourraient changer de mains. Compte tenu de ces enjeux financiers, mais également pour continuer à bénéficier des conditions sécuritaires de leurs contrats de prêts, chaque banque a déterminé onze critères sur une liste de dix-huit définissant les garanties minimales qu’elle exige. La nouvelle assurance devra donc répondre précisément à chacun de ces critères. La banque dispose ensuite de dix jours ouvrés pour accepter ou refuser, par une décision motivée.

Les courtiers en crédits bien placés pour aider les clients

Pour optimiser une résiliation d’assurance, les courtiers en crédits sont bien placés pour proposer ce qui correspond le mieux au profil de chaque client. En effet le spectre des garanties proposées est de plus en plus large, de mieux en mieux adapté au profil médical individuel et le tout pour des primes significativement plus basses. Ainsi, en 2017, nous avons réalisé plus de 35 % de dossiers de crédits packagés avec une assurance individuelle conclue avec une compagnie qui n’est pas forcément celle de la banque prêteuse.

Source JDA