Immobilier : sans surprise, tout est à l’arrêt - Avril 2020

Aucune crise passée n’a de point commun avec celle-ci dont le déclencheur est sanitaire et pas économique.

Confinement depuis le 17 mars et aussitôt la machine immobilière est au point mort. Tous les secteurs d’activité sont touchés, sans exception.

LES PROFESSIONNELS DE LA TRANSACTION

En dépit des formidables bonnes volontés des uns et des autres la chaîne indispensable à la signature d’une vente est bloquée.
Il y a un ralentissement brutal de l’activité de tous les intervenant privés et publics pour compléter la check-list des pièces indispensables : diagnostics, renseignements hypothécaires, documents d’urbanisme, déblocage bancaire des fonds etc.

Et quand bien même toutes ces pièces seraient réunies il est fort peu probable qu’une signature à distance avec procuration puisse avoir lieu. Aussi des recettes et de la trésorerie indispensables font cruellement défaut à tous les acteurs sans exception.

Et là j’ai brièvement une pensée pour l’État pour toutes ces extraordinaires pertes en taxes et droits durablement bloqués.

En réalité les premiers et les plus gravement touchés sont surtout les plus fragiles. Je veux parler des commerciaux de terrain dont les rémunérations sont fondées sur des recettes désormais reportées sine die. Aucun contact avec la clientèle c’est aussi l’impossibilité de faire des visites et de conclure des ventes. En clair, plus aucune création de nouvelles recettes.

C’est aussi l’interdiction d’effectuer des estimations et de conclure de nouveaux mandats et donc une rupture dans la création du stock de biens à vendre. Une période très très difficile !

LES INVESTISSEURS EN RÉSIDENTIEL

Normalement les locataires sont tenus de payer leur loyer à bonne date.
Les mesures d’aides prises par le gouvernement sont de nature à ce que la très grande majorité des loyers soient régulièrement acquittés.

Cependant il est certain qu’il y aura de la casse et un problème de trésorerie pour tous ceux dont les revenus locatifs sont indispensables pour rembourser un crédit immobilier. Ceux-là devront puiser dans leur épargne ou faire appel à l’emprunt.

LES INVESTISSEURS EN IMMOBILIER COMMERCIAL ET D’ENTREPRISES

Leur situation est très préoccupante car la possibilité de reporter, sous certaines conditions, le paiement des loyers est devenu une disposition de droit. Dès lors il s’agit d’analyser les situations au cas par cas.
Il ne fait aucun doute que cette perte, a priori provisoire, de trésorerie peut être fatale aux deux parties, bailleur et locataire, dès que l’un ou l’autre ne dispose pas d’une trésorerie suffisante ou d’un soutien bancaire. Les plus fragiles seront en risque extrême !
Les banques sont attentives à apporter leur concours.

LES BANQUES ET LE CRÉDIT

Je constate que, malgré des difficultés d’organisation compréhensibles, les banques jouent vraiment le jeu. C’est l’observation de la majorité de nos agences du réseau In&Fi Crédits qui parviennent toujours à monter des dossiers de crédits à distance et obtenir des accords.
Par ailleurs, nous ne constatons aucun signe de hausse des taux immobiliers.

L’ÉVOLUTION DES PRIX DE L’IMMOBILIER

Je suis en veille permanente car très attentif au sujet.
Né dans l’immobilier avec un père promoteur et des grands-parents investisseurs compulsifs, entrepreneur depuis 1972, j’ai traversé sans encombre toutes les crises affectant directement l’immobilier : crise du pétrole en 1973, gouvernement Mitterrand en 1981 et dernièrement la crise de 2008.

Aucune crise passée n’a de point commun avec celle-ci dont le déclencheur est sanitaire et pas économique.

Cependant aujourd’hui je lis de multiples avis, dont certains de notaires et agents immobiliers qui n’hésitent pas à avancer des chiffres de baisse allant jusqu’à 15 % !
Ces suppositions restent ce qu’elles sont, des suppositions sans fondement probant.

JE NE SUIS PAS DEVIN MAIS J’AI QUELQUES CONVICTIONS

La nécessité de se loger est un besoin essentiel.
La demande de logements est durablement supérieure à l’offre.
La valeur du logement s’adapte constamment au marché. Je vends plus cher, j’achète plus cher. Je vends moins cher, j’achète moins cher.
Tant qu’il n’y aura pas d’inflation il n’y aura pas de remontée des taux.
Le placement immobilier reste un placement patrimonial sécuritaire bien que moins liquide que la bourse.

La demande de logements dans les grandes métropoles ne faiblira pas. Je ne vois donc aucun tsunami à la baisse sur les prix. Il est même raisonnable d’envisager que la contrainte du travail à domicile donne naissance à des vocations partagées entre entreprises et collaborateurs pour un retour en estime de territoires jusqu’ici délaissés.

En l’état je conserve mon optimisme de toujours et forme sérieusement le vœu que le redémarrage de l’activité soit aussi brutal qu’a été son arrêt.
C’est juste mon avis !

Source Contrepoints