Crédit immobilier : la braderie continue ! - Novembre 2018

  • Jusqu’où iront les banquiers ? Les taux des crédits immobilier ont encore baissé en octobre 2018. Ce qui favorise les achats immobiliers dans des villes moyennes aux prix encore peu élevés.

La braderie sur les taux d’intérêt du crédit immobilier tricolore continue. « A mi-octobre, souligne Hervé Hatt, président de Meilleurtaux.com, les taux ont encore baissé et retrouvent leurs niveaux d’octobre 2016. » Chez ce courtier en crédit, la grande majorité des barèmes, pour un prêt immobilier sur 20 ans, se situe, pour les meilleurs taux, entre 1,50 % et 1,70 %. Et un taux fixe « excellent » sur cette durée s’y négocie même à 1,12 % !

Ce que confirme Cafpi, le poids lourd du secteur. « Malgré les fluctuations, les taux, en deux ans, ont retrouvé leur niveau historiquement bas.» En octobre, le courtier a négocié des taux en moyenne de 1,19 % sur 20 ans. Une tendance qui devrait perdurer.  « Les taux devraient rester bas jusqu’à la fin de l’année, estime Vousfinancer, autre spécialiste du courtage, pour ne pas pénaliser la reprise de la demande de crédit observée depuis août et qui compense l’attentisme de début d’année. »

Encore des décotes

Pour servir d’aussi bonnes conditions de financement, les banques, toujours à l’offensive, rabotent leurs marges. Mais, observe Maël Bernier, porte-parole de Meilleurtaux.com, « les décotes importantes ne sont accordées qu’aux meilleurs profils. » Les profils « plus risqués » auront plus de difficultés à obtenir des rabais, tandis que les ménages sans apport auront un peu moins de facilité à emprunter. D’ailleurs, au niveau national, remarque In&Fi Crédits, « la baisse des apports personnels et la hausse des prix de l’immobilier dans les grandes agglomérations font que le montant moyen par crédit augmente. »

Le Havre, en tête des demandes de crédit

Le crédit très bon marché permet aux acheteurs moins aisés d’accéder à la propriété. En 2008, étaye Meilleurtaux.com, il fallait gagner 4.000 euros par mois pour emprunter 200.000 euros. Dix ans plus tard, 2.900 euros suffisent pour emprunter la même somme. Autrement dit, pour un même emprunt les revenus nécessaires ont diminué de plus de 30 % en 10 ans.

Autre conséquence des taux bas : les demandes de financement augmentent dans les villes de taille moyenne desservies par TGV (voir illustration). « Les villes moyennes aux prix encore peu élevés progressent fortement, explique Hervé Hatt. L es grandes villes se maintiennent à l’exception de Bordeaux, qui s’essouffle nettement. »

Dans le top 6 des villes qui suscitent le plus d’intérêt pour une demande de crédit immobilier chez ce courtier, figure en tête Le Havre, où un appartement ancien se négocie au prix moyen de 1.695 euros le m², selon Meilleursagents.com au 1er octobre. Suivent Montpellier (2.732 euros/m²), Angers (1.903 euros/m²), Nîmes (1.684 euros/m²), Strasbourg (2.791 euros/m²) et Saint-Etienne à moins de 1.000 euros le m2 ! (936 euros/m2). « Ce sont aussi des villes, relève Hervé Hatt, où l’arbitrage entre acheter ou louer est clairement en faveur du premier. »

Retour des renégociations

Le climat au beau fixe pour le crédit relance aussi les renégociations (voir illustration). Dans le réseau Meilleurtaux.com, les demandes pour renégocier ont crû de plus 50 % en septembre 2018 par rapport à septembre 2017. Il s’agit généralement de prêts datant de 2015. Et les économies réalisées s’élèvent en moyenne à 16.000 euros.

Source Anne-Sophie Vion