L’habitat participatif : comment financer cette nouvelle façon alternative de se loger

L’habitat participatif : comment financer cette nouvelle façon alternative de se loger

Et si le modèle de l’habitat individuel était archaïque ? Et si le fait de construire son logement de manière indépendante devenait l’exception ? Face au développement fort de l’habitat participatif, on peut se poser ces questions. En effet, ce mouvement de personnes qui souhaitent acquérir un logement et participer ensemble à sa création connaît un regain d’intérêt. De l’agencement des lots en passant par les choix énergétiques et l’organisation générale, tout est fait pour créer un lieu de vie parfait. Une alternative au logement conventionnel, avec la solidarité comme maître mot. On ne cherche désormais plus seulement un logement mais plutôt une manière d’habiter. Avec quelles conséquences sur le mode de financement ? Voici ce qu’il faut savoir.

L’habitat participatif, une réponse moderne aux besoins de logements

Le concept même d’habitat participatif ne date pas d’hier. En effet, ce que l’on peut désigner par « co-habitat » est apparu dans les années 70 en particulier dans les pays nordiques comme le Danemark, puis chez nos voisins allemands et italiens. Le phénomène prend à nouveau de l’ampleur aujourd’hui. Les atouts de l’habitat participatif répondent aux contraintes de la crise économique durable que nous traversons.

  • L’habitat participatif permet une mutualisation des espaces et des services. Cela signifie un achat plus économique sur certains points, teinté d’écologie.
  • Dans des communes de taille importante comme dans des espaces ruraux, la démarche de l’habitat participatif permet de recréer du lien social. Une façon de lutter contre la solitude et de casser la montée de l’individualisme.
  • Pour les personnes âgées par exemple, l’habitat participatif permet d’éviter l’isolement. Face à des cellules familiales de plus en plus éclatées et dispersées, ces personnes qui ont besoin d’aide peuvent avoir un cocon protecteur autour d’elles.
  • L’habitat participatif est également une réponse pour les personnes qui sont dans l’impossibilité de se loger convenablement ou de manière « agréable ». L’espace repensé permet de pallier les éventuels manques et frustrations.

Attention, l’habitat participatif ne signifie pas que tous les espaces sont partagés. En effet, dans ce type de projet, chacun dispose de son logement indépendant. Mais de nombreux espaces en commun existent et il est même possible de partager des services. Une buanderie, une salle des fêtes ou même encore une chambre d’amis peuvent être des éléments mis en commun et utilisables par tous à la demande.

Cette mutualisation forte, qui implique la participation de tous, constitue une véritable particularité. L’habitat participatif se positionne comme une troisième voie du logement, en complément de l’habitat individuel et de l’habitat collectif conventionnel. « L’habitat participatif constitue pour des ménages de classe moyenne une réponse pragmatique face aux difficultés croissantes d’accès au logement. Plus encore, il renouvelle la conception du logement et les rapports à la propriété, à l’environnement urbain, au vivre-ensemble… » expliquent Sabrina Bresson et Lidewij Tummers, autrices de l’article « L’habitat participatif en Europe, Vers des politiques alternatives de développement urbain ? »[1].

La question du financement de l’habitat participatif

Comme pour l’acquisition d’un logement individuel ou d’un lot dans un logement collectif, l’habitat participatif peut être financé par différents moyens. En mobilisant un apport personnel et/ou en utilisant un emprunt bancaire. Il n’existe pas de solution de financement propre à l’habitat participatif. Logique car le principe est de regrouper des logements distincts en une entité commune, mais le financement reste individualisé.

Toutefois, deux grands modèles émergent.

  1. Certains projets valorisent l’auto-promotion, l’auto-construction ou encore l’auto-gestion et la recherche d’économie par l’implication de tous. Cela permet de réduire le besoin en financement, et notamment le recours à un prêt bancaire à titre individuel ou collectif.
  2. D’autres projets sont au contraire réalisés en partenariat avec des bailleurs et des collectivités publiques. Cela signifie que des fonds extérieurs peuvent être intégrés au projet.

Acheter avec le principe de l’habitat participatif, est-ce plus économique ? Pas toujours. En effet, cette approche permet de mieux habiter mais pas toujours d’habiter moins cher. Car si des économies sont possibles avec des effets de seuil sur de nombreux achats, les gains sont compensés par des exigences propres à ce mode d’habitat. Des choix architecturaux à la qualité des matériaux nécessaires pour garantir l’intimité de tous sans oublier la création d’espaces communs en plus, un certain surcoût est à prévoir.

Si vous envisagez d’habiter dans un logement qui fait partie d’un îlot participatif, présentez votre projet et votre démarche auprès des banques pour obtenir un financement. Si le projet vient d’être initié et est en préparation, certaines banques locales peuvent y être sensibles. En effet, de nombreux établissements s’impliquent dans les projets de proximité et en particulier dans la construction à vocation durable et sociale.

En interrogeant le bon interlocuteur, vous pouvez obtenir des conditions bonifiées ! Qui sait, une banque proche de chez vous est d’ailleurs peut-être déjà au courant du projet et finance une partie des travaux. Comment trouver la banque qui saura vous écouter et vous financer pour ce projet particulier ? Le recours à un courtier en crédit est une excellente solution. Vous pourrez ainsi multiplier les interlocuteurs sollicités et cibler la bonne banque grâce à l’intervention d’un courtier qui connaît le marché. Confiez la recherche du financement à un intermédiaire proche de chez vous pour qu’il glane à votre place la meilleure offre.

[1] https://journals.openedition.org/metropoles/4960