L’assurance de prêt bientôt plus chère que le crédit

Toute situation favorable a son revers ! En effet, si la situation des taux d’intérêt pour les crédits immobiliers est une des plus favorables historiquement (on frôle les records de 2015), le poids relatif des intérêts acquittés dans ces conditions est relativement plus faible dans le coût total du crédit. C’est juste mathématique. Par contre, les autres frais n’ont pas suivi la même tendance.

Les frais de dossier bancaires étaient réapparus en 2019 et demeurent une dépense, souvent forfaitaire et surtout initiale, tout comme les frais d’intermédiation. Les frais de garantie interpellent de plus en plus, surtout lorsqu’on sait que près de 70% des dossiers sont distribués avec la garantie d’une société de caution mutuelle, bien souvent captive d’un groupe bancaire. Enfin, et c’est un sujet embarrassant pour les banques, le poids de l’assurance emprunteur perturbe le Taux Annuel Effectif Global des dossiers. Si la libéralisation de l’offre, au travers les différentes lois successivement votées depuis 2008, ont permis de contenir le coût des primes et d’améliorer le niveau de garanties, il faut bien reconnaitre que le degré d’acceptation des contrats alternatifs externes par les banques, reste limité. Et pour cause, les commissions reçues des contrats groupes ou des contrats alternatifs agréés par les établissements de crédit contribuent pour une part de plus en plus importante à la rentabilité des prêts pour celles-ci. Mais attention à ne pas se tromper de sujet, car en l‘absence de rentabilité sur d’autres produits que le crédit lui-même, les banques pourraient être contraintes de restreindre les accords ou augmenter d’autres frais. Entre respect strict des lois et soutien de l’économie réelle, les autorités de régulation devront veiller à faire preuve de tact.

 

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