2021, meilleure année pour profiter pleinement du PTZ avant son remaniement ?

Le prêt à taux zéro (PTZ) est un outil d’aide à l’achat qui s’adresse à ceux qui souhaitent devenir propriétaires de leur résidence principale (neuve et parfois ancienne sous conditions). Ce coup de pouce financier a été renouvelé et est accessible jusqu’à la fin de l’année 2022. Mais dès la fin de l’année 2021, les conditions qui l’encadrent vont évoluer. Et si 2021 était la meilleure année pour profiter pleinement du PTZ avant son remaniement ? Voici les informations à connaître, les conditions d’accès et l’avenir prévu pour ce dispositif.

Le PTZ prolongé en 2021

Le prêt à taux zéro continue en 2021 d’accompagner les primo-accédants pour financer une partie de l’achat ou de la construction de leur résidence principale. Comme cela était déjà le cas, des conditions de revenus maximum sont à respecter. Le PTZ permet d’obtenir jusqu’à 40 % du prix d’achat du bien avec un possible différé de remboursement. On estime que 80% des ménages peuvent potentiellement en bénéficier.

Le montant du PTZ dépend de la zone où se situe le logement. D’ailleurs, il doit être obligatoirement situé en zone B2 ou en zone C. Si le logement est situé en zone A, Abis, B1, il n’ouvre pas droit au PTZ.

Le PTZ est un dispositif de financement qui peut compléter un ou plusieurs autres prêts. Il ne peut pas être octroyé seul et doit obligatoirement être accolé à un financement immobilier « classique ».

Considéré par les établissements bancaires comme un apport personnel, le PTZ connaît un vif succès. 92 890 PTZ ont été distribués en 2019 dont 70 547 (76%) dans le neuf, 19 652 (21%) dans l’ancien.

PTZ : modification des conditions de ressources en 2022

L’article 164 de la loi de finances n°2020-1721 du 29 décembre 2020 prévoit la modification des conditions de ressources pour le PTZ en 2022. Une nouvelle modalité de prise en compte des ressources de l’emprunteur sera instaurée et le montant total des ressources sera notamment apprécié à la date d’émission de l’offre de prêt.

Un changement majeur car, pour l’heure, les revenus retenus pour le calcul du droit au PTZ sont ceux de l’avant-dernière année avant celle de l’émission de l’offre de prêt. Pour une demande de PTZ réalisée cette année (2021), ce sont donc vos revenus de l’année 2019 qui sont pris en compte.

Que va changer ce nouveau mode de calcul ? Il va mécaniquement exclure des ménages dont les revenus ont augmenté depuis deux ans mais qui sont pourtant aujourd’hui dans les critères. Cela peut aussi avoir pour effet d’alourdir le taux d’endettement de certains emprunteurs. Ces derniers ne pourront plus compter sur des revenus en hausse pendant deux ans pour se constituer une capacité d’endettement plus grande.

La fin du PTZ est-elle possible ?

Quel avenir pour le PTZ ? Apparu en 1995, ce dispositif de financement sans intérêts et garanti par l’Etat a évolué au fil du temps. Il se voit aujourd’hui accompagné d’une variante, l’éco-PTZ, qui permet de financer des travaux de rénovation énergétique pour améliorer la performance. Un succès ? Oui, mais son existence est menacée.

Le PTZ va-t-il encore évoluer et voir dans les années à venir ses plafonds de revenus continuer à être ajustés ? « Pour les années au-delà (après 2022), il reste encore des questions d’ajustement que nous sommes prêts à regarder », a précisé Emmanuelle Wargon, ministre chargée du logement. Déjà menacé de disparition en 2021, le PTZ est sécurisé pour deux ans de plus que prévu. Mais les difficultés économiques qui découlent de la crise sanitaire du Covid-19 pourraient sonner le glas du PTZ – tout comme le dispositif Pinel – qui coûtent à l’État en trésorerie.

Un rapport édité fin 2019 par l’Inspection générale des finances de Bercy et le ministère de la transition écologique étrille le PTZ. Selon le constat effectué, le PTZ jouit « d’une excellente notoriété auprès du public » mais son coût (de 750 millions d’euros à 1,3 milliard d’euros selon les années) questionne son utilité réelle.

Son existence est pourtant essentielle pour accompagner le marché de la construction. Il contribue à rendre les logements neufs plus attractifs et à orienter certains ménages vers des maisons ou des immeubles qui sont, par conséquent, plus économes en énergie. Puisque la gestion de l’énergie et l’optimisation des consommations est un enjeu fort, le prêt à taux zéro pourrait donc être maintenu, malgré son coût important pour l’administration. Un arbitrage est à attendre d’ici 2022 !

 

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