Le Marché du Neuf obligé de se repenser face à la crise

Déjà malmené en 2019, le marché du Neuf aura été un des secteurs les plus touchés en 2020. Blocage des chantiers, coup de frein sur les permis de construire de nombreuses agglomérations après la bascule « écologiste » lors des élections municipales, impact des décisions du Haut Conseil de Stabilité Financière sur la durée des prêts et le taux d’endettement, mise en route de la norme RT2020 et perspectives de nouvelles réglementations sur la construction….

Du coup, l’activité a plongé : mises en chantier en recul de près de 10%, mises en vente en recul de 40% à fin septembre, réservation en chute de 29,5% sur la même période, et les permis de construire en recul très net (-100.000 logements sur les 3 dernières années). Tout ceci fait bouger le microcosme de la construction et de la promotion immobilière, notamment résidentielle. Les rapprochements entre acteurs du marché s’accélèrent. Le développement du BIM ‘Building Information Modeling) facilite l’intervention collaborative des corps de métier, l’émergence de nouveaux types d’habitat individuel se développe (« Tiny houses » ou maisonnettes mobiles, maisons en bois, habitats modulables et containers aménagés…) font bouger les catalogues des constructeurs, et le co-living fait réfléchir sur l’avenir de la cohabitation.

Côté financement, le marché bien qu’encore confidentiel, du financement participatif spécialisé dans la construction bondit en nombre d’acteurs et en capitaux collectés. Le besoin permanent de nouveaux logements, estimé entre 350 et 500.000 chaque année, n’est pas près d’être atteint, mais l’innovation et les changements de mentalité des professionnels et des clients pourraient rebattre les cartes dans les prochaines années. En tout cas la Fédération Française du Bâtiment table sur un rebond de plus de 13% de l’activité en 2021 et assure que les capacités de production sont aptes à assumer les enjeux.