La pérennité des employeurs : l’angoisse des banquiers

Btiment ancien banque

Pour sécuriser leurs crédits aux ménages, les banques françaises se plient aux règles du Code de la Consommation qui privilégie la capacité de remboursement des emprunteurs à la valeur de gage des biens financés. C’est la raison pour laquelle, les emprunteurs ont été moins chahutés lors de la crise des subprimes de 2008 et 2009. Mais c’est aussi le caractère rassurant du taux fixe qui a surtout éviter la panique parmi les emprunteurs et chez les banquiers. Tout irait donc très bien dans le meilleur des mondes puisque de ce côté-ci rien n’a vraiment changé.

Sauf qu’entre temps, la baisse inexorable des taux d’intérêt a gonflé les bilans bancaires d’encours records de crédits immobiliers à taux fixes et…bas. La crise sanitaire que nous vivons a touché l’ensemble des agents économiques, mais le moteur de la consommation demeurant les revenus des ménages, c’est sur les employeurs, donc les entreprises, que le Gouvernement a immédiatement mis l’accent, afin de ne pas transformer la situation sanitaire en catastrophe économique et sociale. Du coup, les entreprises ont bénéficié d’un plan de soutien inédit dans sa rapidité de mise en place mais aussi dans son ampleur. Le déconfinement va théoriquement rimer avec reprise.

Cependant, la plaie d’une baisse très grave d’activité va laisser des traces, et une fois les aides stoppées ou ralenties, il est à redouter qu’un certain nombre d’entreprises ne puisent pas survivre (surtout si on devait vivre une seconde vague sanitaire, ou une vague économique en retour des Etats-Unis). C’est ce que craignent les banquiers qui alimentent le financement de l’économie. Et avec ce risque s’enclencherait les pertes d’emploi et l’altération de la capacité de remboursement des emprunteurs. D’où l’hésitation des banques à relancer trop fort leur activité de crédit aux ménages. Tandis qu’en même temps, le monde politique et la Banque Centrale Européenne les sermonnent pour ouvrir en grand les vannes du crédit. Dilemme compliqué auquel les directions bancaires n’ont pas encore trouvé de réponses tranchées…