La baisse de la rémunération du Livret A était-elle urgente ?

livret a

Le 1er février 2020, le taux de rémunération du Livret A baisse de 0,75% à 0,50%. Cette mesure accompagne des dispositions successives destinées à flécher plus fortement l’épargne des ménages vers le soutien à l’économie, tout comme les orientations de l’assurance vie. Bien évidemment la situation des taux sur les marchés financiers ne devait plus permettre de servir un rendement décorrélé des règles de définition du taux de l’épargne de référence des Français. Et ce malgré une volonté réaffirmée du gouvernement, pendant le mouvement des Gilets Jaunes, de protéger le « bas de laine » des ménages….

Bien évidemment, le système bancaire avait sollicité un geste des Pouvoirs Publics pour restaurer des marges de manœuvre quant à leur rentabilité, afin de pouvoir continuer d’être concurrentielles sur le sujet du crédit. Et pourtant, les autorités de contrôle du marché bancaire ont appelé il y a quelques semaines à un resserrement des conditions de distribution du crédit immobilier. Mais plus  sûrement, c’est l’envolée des encours et de la collecte de dépôts depuis plusieurs mois qui a précipité la décision, habituellement prise début août de chaque année, mais évoquée depuis le mois de septembre 2019.

L’impact pour un épargnant ayant un solde permanent de 10.000 euros n’est que de 25 euros.. Or près des 2/3 des livrets A ont un solde moyen inférieur à 1.500 €. C’est donc plus une question psychologique, car l’effet le plus indésirable résidera davantage dans le risque de décollecte des gros déposants, et donc de réduction du financement du logement social auquel contribuent significativement les encours de dépôts de cette formule de placement.