Les autorités bancaires demandent plus de vigilance aux banques dans le crédit immobilier

 

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Décidément, même quand ça va bien, il y a toujours des inquiets… Au-delà de cette boutade, il faut bien constater que l’emballement dans la distribution de crédits, et principalement des crédits immobiliers (240 Milliards € en 2019 a priori), peut nécessiter un rappel à l’ordre des autorités de contrôle bancaires. Celui-ci s’est matérialisé à plusieurs reprises ces derniers mois. Ainsi l’ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution) – le gendarme de la finance- mettait en garde les Banques face à la baisse de rentabilité des contrats de prêts engrangés dans les bilans bancaires à taux très bas (NDLR. La France propose les taux d’emprunt les plus bas d’Europe), mais surtout à des taux fixes très bas. En cas de remontée des taux de marché sur la zone Euro, les banques françaises auraient des difficultés à titriser leurs créances et pourraient se retrouver en impasse de liquidité. Le Ministère des Finances y était allé de son couplet sur la prudence à tenir de la part des Banques quant à l’envolée des prix du marché Immobilier qui génère un endettement des ménages sur des bases d’engagement élevées, délicates à soutenir en cas de retournement de tendance.

Et plus récemment, le HCSF (Haut Conseil à la Stabilité Financière) a rendu un rapport avec des préconisations visant à limiter les durées maximales de remboursement à 25 ans dans la production de crédits, à respecter strictement l’endettement des particuliers à 33% de leurs revenus, et à réduire à 15% au plus leur production de « crédits à 110% ». Le risque systémique reste toutefois faible car les Banques ne tolèrent d’entorse à ces règles que sur des projets de primo-accession qui ne vont qu’exceptionnellement au terme du contrat initial, ou sur des profils de clients emprunteurs aisés qui interviennent sur des projets d’investissements dont l’avantage fiscal justifie un endettement optimisé. S’agissant de recommandations, les conséquences devraient plutôt se retrouver dans l’exigence supplémentaire de fonds propres, le niveau de défaillance sur les crédits immobiliers en France étant, lui-aussi, un des plus bas du monde.