Le financement des ménages recomposés : comment bien utiliser le crédit immobilier pour vos projets ?

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On estime en France à 720 000 le nombre de familles recomposées, soit 9,3 % de l’ensemble des ménages1. Des familles avec parfois des enfants issus d’une précédente union, et des enfants fruits du nouveau couple. Il n’existe pas un modèle type, mais bien une grande hétérogénéité de familles recomposées. Des familles avec des projets, et notamment des envies en matière d’immobilier. Pour trouver un nouveau nid familial, se reconstruire, évoluer, protéger ses enfants ou encore investir, les familles recomposées peuvent solliciter le financement bancaire. Un financement qu’il est parfois compliqué d’obtenir.

 

L’importance de la situation juridique pour (re)devenir propriétaire avec une famille recomposée

 

L’explosion du modèle de la famille traditionnelle est une réalité, et les professionnels de l’immobilier s’y adaptent. Ainsi, aux côtés des primo-accédants, des jeunes mariés ou encore des célibataires, les familles recomposées sont appréhendées d’une manière particulière.

Ce qui compte en premier, c’est la situation juridique de ce nouveau foyer. Les deux personnes qui partagent désormais le même foyer sont-elles divorcées ? Si une précédente union n’est toujours pas débouclée, et que le jugement de divorce n’a pas été rendu, il n’est quasiment pas possible de s’engager financièrement. Impossible d’apporter un niveau de garanties suffisant à un établissement bancaire dans le cadre d’un prêt immobilier. Le mariage précédent étant encore valable, la liberté des actes – et notamment de l’engagement financier – n’est pas totale. Et quand bien même le régime matrimonial le permettrait dans les textes législatifs, le risque de contestation refroidit les banquiers qui préfèrent s’abstenir.

Afin d’identifier la capacité d’endettement d’une famille recomposée, l’approche doit être complète. Sur ce point, toutes les banques n’ont pas la même logique. Certaines ne vont pas prendre en compte les allocations familiales ou encore le versement d’une pension alimentaire, d’autant plus si celle-ci est susceptible de révision ou est contestée. Le calcul du reste à vivre peut varier drastiquement d’une banque à une autre selon les revenus pris en compte, mais également la composition du foyer prise comme référence (selon que les enfants de lits différents sont comptabilisés ou non dans le calcul du reste à vivre).

 

Famille recomposée et immobilier : l’occasion de tout remettre à plat en matière de patrimoine ?

 

Se séparer puis s’unir à nouveau pour former une famille recomposée peut être l’occasion de revoir sa stratégie patrimoniale, en utilisant le crédit avec une logique de succession et de transmission.

Si vous avez déjà acheté par le passé un bien immobilier, vous l’avez sans doute fait de manière classique, en nom propre. Mais avec une famille recomposée, le choix d’une société civile immobilière (SCI) peut s’avérer pertinent. En effet, avec vos propres enfants et des enfants de votre nouveau conjoint, vous faites sans doute face à un dilemme : protéger votre conjoint si vous veniez à disparaître, tout en assurant à vos descendants une sécurité.

Grâce à un montage via une SCI et un démembrement croisé des parts, chaque branche de descendance peut se retrouver à terme propriétaire des parts de son ascendant. Complexe ? Un peu. Beaucoup…surtout si les parties en présence ne s’entendent pas le mieux possible. Cette stratégie patrimoniale nécessite absolument un accompagnement de la part d’un professionnel comme un notaire (lire ci-après).

Si vous ne souhaitez pas vous embarquer dans un montage en SCI, l’achat en nom propre peut également être pensé pour renforcer la protection de chacun et avoir une vision de transmission. Il est possible par exemple d’acquérir un bien ensemble sans avoir le même nombre de parts. Il est également possible de jouer sur la prise en charge du remboursement et faire que celle-ci soit différente. Cette solution peut être pertinente notamment si l’un des deux conjoints possède un apport personnel important, ou s’il existe une disproportion des revenus entre les deux acquéreurs.

Ce recours à la répartition non-égalitaire de l’acquisition ou encore au décalage du remboursement du crédit immobilier doit être évoqué avec un conseiller spécialisé.

 

Crédit immobilier et famille recomposée : demandez un accompagnement sur-mesure

 

Quels que soient vos projets, de l’achat d’une résidence principale ou d’une résidence secondaire en passant par l’investissement locatif, l’immobilier demande pour une famille recomposée une réflexion complète et une bonne prise en compte de votre situation. Selon la composition du foyer, la prononciation ou non d’un divorce antérieur et le patrimoine de chacun, la bonne solution ne sera pas la même.

Alors, afin d’y voir plus clair, il est nécessaire de vous entourer. En ayant recours à un notaire comme nous l’avons évoqué, notamment pour que celui-ci puisse évaluer votre situation juridique et vous donner une véritable feuille de route à appliquer. Ensuite, c’est avec un professionnel du crédit immobilier qu’il faut avancer. Parce que la question des familles recomposées n’est pas perçue de la même manière au sein de toutes les banques, il est important de multiplier les interlocuteurs et de solliciter plusieurs banques pour vous accompagner si vous avez besoin de financement.

Ainsi, un courtier en crédit immobilier peut vous apporter son soutien en tant qu’intermédiaire et solliciter son réseau de partenaires. Il connaît les banques qui sont sensibles à la situation des familles recomposées et qui ont des conditions favorables. Vous pouvez gagner du temps et réduire vos efforts pour trouver un crédit immobilier afin de réaliser – à nouveau – tous vos projets.

1http://www.observationsociete.fr/structures-familiales/familles/de-plus-en-plus-de-familles-recomposees.html