L’immobilier, une valeur toujours plébiscitée par les Français

immobilier-2019

Investir dans la pierre pour se constituer un patrimoine, voilà un principe que les Français appliquent. Ils y voient en effet une valeur refuge, un placement qui apporte une véritable sécurité (ainsi qu’une simplicité). L’immobilier est aujourd’hui encore plébiscité, malgré des prix élevés. Intéressons-nous aux raisons de ce succès continu.

 

Une France de propriétaires, pas de boursicoteurs

 

En 2018 – et pour la troisième année consécutive – des records de transaction ont été battus. Le volume annuel de transactions reste à un niveau élevé depuis la mi-2017, avec plus de 900 000 transactions sur 12 mois. Le cap du million de transactions peut-il être passé ? Rien ne semble impossible. Un vrai dynamisme pour le marché de l’immobilier, dont les racines sont multiples.

Traditionnellement, les Français sont plus attirés par l’immobilier que par la bourse. Précisément, ce sont nos représentants politiques qui, à la différence des pays anglo-saxons, n’ont jamais eu un amour véritable pour les marchés financiers. « Si la Bourse est mauvaise, fermez-la ! » disait Napoléon, imité par Vincent Auriol (« La Bourse je la ferme, les boursiers, je les enferme ») ou encore par Charles de Gaulle (« La politique de la France ne se fait pas à la corbeille »). Pas vraiment le genre de déclarations d’amour.

Il faut aussi avouer qu’en plus des petites phrases des élites, l’actionnariat individuel n’est pas favorisé. Du jargon qui repousse même les plus curieux aux outils qui nécessitent un réel effort de prise en main pour investir, la bourse a de quoi faire peur. Elle est perçue comme une affaire de spécialistes et de connaisseurs, ce qui n’est qu’en partie vrai. Il existe des placements boursiers qui présentent un niveau de risque modulable et peuvent servir de véhicule d’investissement rassurant (assurance-vie, ETF, …etc.).

Il n’en reste pas moins que la bourse, même si elle peut être accessible et compréhensible, est vue comme instable, fluctuante et exposant trop les investisseurs à des pertes qui peuvent être importantes et surtout sans grande anticipation. L’évolution du CAC 40 (moyenne pondérée des 40 plus grosses capitalisations françaises) depuis sa création jusqu’à nos jours peut en effet susciter des questions. On y voit de grandes variations avec la bulle boursière des années 2000 (et un CAC 40 monté à 6944,77 points*) puis des chutes fortes (2003, 2009). En comparaison, les prix de l’immobilier – en hausse régulière – sont moins soumis aux variations. L’immobilier est perçu comme un placement sûr. « Depuis 20 ans, [la bourse] monte et baisse assez brutalement. Pour un épargnant qui n’y connaît rien, ça peut faire vraiment peur. En comparaison, les prix de l’immobilier ont suivi une courbe beaucoup plus rassurante » explique Pierre Kupferman, rédacteur en chef de BFM Éco**.

 

Être propriétaire, un projet qui attire

 

La politique du « pays de propriétaires » voulue par Nicolas Sarkozy – dont la mesure emblématique fut l’assouplissement des conditions d’accès au Prêt à Taux Zéro – semble aujourd’hui encore porter ses fruits. Avoir son « chez soi » est un rêve que de nombreux Français veulent s’offrir. Plutôt que de posséder des actions d’entreprises, avoir sa maison ou son appartement est bien plus concret. Il suffit pour s’en convaincre de voir le nombre de jeunes propriétaires qui est en hausse. Entre 2010 et 2018, la part des propriétaires dont la personne de référence a moins de 30 ans fut en hausse de 6,4%. L’augmentation est de 4,7 points pour les ménages dont la personne de référence est trentenaire.

La part de propriétaires par tranche d’âge augmente régulièrement, si bien que « le taux de détention de la résidence principale est inférieur à 20% chez les ménages de moins de 30 ans, pour dépasser les 50% passé 40 ans » explique l’Insee. Une tendance historique qui montre l’importance de l’immobilier dans la constitution du patrimoine.

Les ménages les plus jeunes profitent en grande partie de conditions d’accès à la propriété avantageuses : dispositifs d’aide à l’accession, taux d’intérêt bas et durées allongées rendent de nombreux ménages éligibles pour l’achat.

L’immobilier est une valeur sur laquelle de nombreux Français parient, même en temps de hausse des prix (augmentation de 3,2% en moyenne nationale en 2018 et 5,7% à Paris). Le prix moyen de 10 000 € le m² dans la capitale devrait être atteint avant la fin 2019. Mais dans des conditions de marché qui favorisent toujours l’offre (il y a plus d’acheteurs que de vendeurs), l’immobilier reste toujours attractif. Et l’attrait touristique de notre pays soutient les prix, tandis que se profilent le Brexit, la Coupe du Monde de Rugby et les Jeux Olympiques. Les français croient plus en la pierre qu’en la bourse. Ont-ils raison de continuer avec cette croyance ?

Les ménages ne sont en tout cas pas les seuls à miser sur la pierre. Cet attrait pour l’immobilier est également partagé par les investisseurs institutionnels (comme les caisses de retraite ou les compagnies d’assurances) qui sont nombreux à prévoir une augmentation de leur allocation dans cette classe d’actifs (42% précisément selon le fonds d’investissement Blackrock***). L’immobilier est toujours un placement sécurisant et est une solution pour se lancer ou se diversifier. Si vous aussi vous avez un projet immobilier, parlons-en !

 

*http://france-inflation.com/graph_cac40.php

**https://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/l-immobilier-reste-une-valeur-sure-1143375.html

***Chiffre relayé ici : http://mobile.next-finance.net/Les-investisseurs-institutionnels,14601