L’évaluation semestrielle des risques du système financier français

La Banque de France vient de remettre et de commenter son rapport semestriel sur l’évaluation des risques du système financier français. Cette analyse permet d’avoir le regard statistique, mais aussi projectif des différents risques pouvant affecter le système financier, en confrontant aussi les observations faites par l’ACPR et les écarts avec les autres pays de la zone Euro.

Ce rapport est relativement confiant dans ses conclusions, puisque sur les 4 grandes catégories de risques, la BDF n’insiste que sur l’aggravation potentielle du risque de solvabilité des ménages et des sociétés non financières, et sur le risque de marché consécutif à la situation tendue dans les relations commerciales internationales entre les USA, la Chine et le bloc européen.

La distribution de crédits aux différents agents économiques demeure soutenue et à contresens des autres principaux pays européens. Pour les ménages, le crédit à la consommation est toujours en rebond (+ 3,3% sur 1 an glissant), mais c’est le crédit immobilier qui est encore le vecteur le plus important avec une hausse des encours de 5,7% en un an, à rapprocher de la hausse moyenne des prix du Marché de +3,9%. La BDF relève l’assouplissement des conditions d’octroi, la diminution des apports personnels auxquels on ajoutera une pression à l’allongement de la durée initiale des contrats.

Toujours s’agissant des crédits, le contexte de taux bas reste un élément de vigilance, mais l’autorité de tutelle estime que la gestion du risque est maitrisée en l’état actuel, quoiqu’une remontée brutale de plus de 100 points de base requerrait une attention plus forte quant à la solidité et à la rentabilité des encours bilantiels. Mais cette perspective de hausse brutale n’est pas vraisemblable dans un avenir de quelques mois, selon la BDF.

Enfin, concernant le risque structurel de rentabilité des banques, la BDF souligne la bonne résistance des établissements mais pointe la faiblesse relative des coefficients d’exploitation, en regard aux besoins de rentabilité et aux évolutions des mêmes ratios chez les banquiers européens. Dans ce contexte, la décision récente de BPCE, même si la réflexion était engagée depuis plus longtemps, d’arrêter les activités du Crédit Foncier trouve un écho, qui sera sans doute un prétexte à des actions d’autres enseignes bancaires françaises dans les prochains mois.