Chute des transactions et des crédits immobiliers : arrêtons de tirer sur les Banques

Avec une chute de près de 20% des ventes immobilières qui, selon les notaires, passeraient de 854 000 en 2011 contre seulement 700 000 prévues en 2012, la tentation est forte d’accuser les banques de ne pas faire leur métier de financeur.

Faire du banquier le bouc émissaire seul responsable de la chute des transactions immobilières et du volume des crédits à l’habitat n’est pas une position crédible. Sur le plan du financement, les banques disposent d’importantes liquidités généreusement prêtées par la BCE et elles sont en demande de dossiers de financement. Les 300 courtiers crédits du réseau In&Fi Crédits en témoignent pour être très sollicités par leurs partenaires banquiers lesquels sont en retard sur leurs objectifs de production.

Par ailleurs, les conditions d’octroi des crédits immobiliers n’ont pas été aggravées. Il s’agit toujours d’avoir un apport personnel de minimum 10% et de respecter un taux d’endettement (rapport revenu/mensualité) de l’ordre de 33%. Rien de plus raisonnable et prudentiel pour respecter l’équilibre budgétaire du ménage emprunteur.

Les banques disposent des moyens de financer l’immobilier et de la volonté de prêter dans des conditions d’accès mesurées d’autant que 79% des Français souhaiteraient être propriétaires. Ils faut donc chercher ailleurs les raisons de la chute du marché immobilier qu’il soit neuf ou ancien.

Tout d’abord il faut noter que les défections concernent les deux extrêmes des catégories d’acquéreurs potentiels, à savoir les primo-accédants et les investisseurs. Les premiers qui empruntent à 100% sur des durées longues et qui ont perdu l’avantage PTZ sur l’ancien. Les seconds qui recherchent la meilleure optimisation fiscale et sont directement impactés par la perte de la loi Scellier et l’augmentation de l’imposition des plus-values.

Certes, les taux sont actuellement au plus bas, ainsi 80% des prêts à maturité inférieure à 25 ans sont à un taux inférieur à 4% et 60% des prêts de 20 à 25 ans évoluent dans une tranche de 3.4% à 4%, cependant c’est la seule donnée positive.

En effet toutes les informations dont nous sommes abreuvés sont de nature à reporter les décisions d’achat :

– C’est l’espoir médiatiquement entretenu qu’une baisse du nombre des négociations entrainerait de facto une révision des prix affichés par les vendeurs. Or cette baisse est quasiment illusoire dans les secteurs où il y a pénurie structurelle de logement ; ainsi l’Ile de France. La révision des prix serait dès lors l’apanage  des vendeurs contraints par une mobilité professionnelle, une évolution de la famille ou un accident de la vie ; cette population est marginale.

– C’est également la confiance des ménages en l’avenir, ces derniers sont tétanisés par les peurs sur le marché du travail, leur chiffre net du bulletin de salaire et les charges fiscales.

Ainsi, ce chiffre de 2.945.800 demandeurs d’emploi lesquels pourraient être 3 millions en septembre !
Ainsi la vague prévue des plans sociaux.
Ainsi l’annonce de nouvelles charges sur les entreprises dont on sait qu’elles se répercuteront sur les fiches de paie.
Ainsi les hausses d’impôts promises pour lesquelles il faudra attendre septembre octobre pour être fixé.

Pour Pascal Beuvelet Président du Courtier In&Fi Crédits, « toutes les nouvelles alarmantes ne plaident pas pour un achat immobilier qui constitue, par la nature de son montant et de sa durée une opération très engageante ». Il précise également : « Il faut le savoir, le logement financé par le crédit constitue la 1ière charge budgétaire des propriétaires (en moyenne plus de 27% des revenus) et son coût moyen relatif représente 3.86 années de revenus ».

Dans cette conjoncture il n’est pas sérieux de vouloir faire porter aux banques la responsabilité de la chute des transactions et la demande de crédit à l’habitat.

Sur le fond, la décision d’investir dans l’immobilier est directement corrélée à la confiance. Et bien que les taux des crédits soient au plus bas, les français attendent pour s’engager des signes forts du gouvernement pour avoir une réelle visibilité afin d’engager leur avenir dans la propriété.