IMMOBILIER : UNE FRANCE DE PROPRIÉTAIRES ?

Pour 77 % des Français, être propriétaire de sa maison est la situation idéale en matière de logement. C’est l’un des enseignements d’une étude récente menée par le CREDOC, (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie). Baptisée  « Propriétaires, locataires : une nouvelle ligne de fracture sociale », l’étude révèle plusieurs enseignements instructifs sur l’aspiration des français en matière de logement.

L’étude menée par le CREDOC apporte un éclairage nouveau sur les français et leur regard sur la propriété. Ainsi, bien que 77% des français estiment que la propriété est la situation idéale en matière de logement, 81 % d’entre eux pensent cependant que tout le monde devrait d’abord disposer d’un logement confortable pour un coût raisonnable, plutôt que de privilégier la propriété pour tous.

Par ailleurs, l’étude constate également que les personnes en bas de l’échelle sociale et les classes moyennes ont vu leurs perspectives de devenir un jour propriétaires s’éloigner – seuls 31 % des bas revenus sont aujourd’hui propriétaires, contre 51 % en 1990. Aujourd’hui, il est presque devenu obligatoire de recevoir deux salaires pour acquérir son logement : 62 % des accédants à la propriété sont des couples dont les deux membres travaillent ; une proportion qui n’était que de 35 % en 1990.

Pour soutenir son parti pris en faveur de l’accession, le président de la République a plusieurs fois énuméré les vertus de la propriété. «C’est une sécurité en cas de chômage», «une garantie de niveau de vie au moment de la retraite» et «un capital à transmettre aux enfants», avait-il rappelé lors de son discours en décembre 2007 à Vandœuvre-lès-Nancy. Cependant, l’accession à la propriété, même si elle est désirée est une décision qui doit être mûrement réfléchie. Elle implique aussi parfois des coupes budgétaires. Le CREDOC note ainsi que  le taux de départ en vacances chez les propriétaires est passé de 60% en 1980 à 47% en 2010.

D’après le Centre de Recherche pour l’Etude et l’Observation des Conditions de vie, l’accession à la propriété représente un véritable signe de niveau social. Ainsi, à mesure que les prix des logements augmentent, l’écart augmente entre ceux qui ont pu accéder à la propriété et ceux qui se sentent “piégés dans le parc locatif”. En conclusion, le CREDOC note que “le statut d’occupation du logement est ainsi devenu, en une vingtaine d’années seulement, un marqueur social aussi fort que le niveau de revenu”.