PERTE DU TRIPLE A : QUELLES CONSÉQUENCES SUR LE CRÉDIT ?

Vendredi 13 janvier 2012, la notation financière de la France a finalement été dégradée par l’agence de notation Standard & Poors. Avec une note AA+ au lieu du triple A, la France ne bénéficie plus désormais des mêmes facilités de financement sur les marchés. Quelles seront les conséquences de cette dégradation pour le crédit aux particuliers ?

Certains analystes considèrent qu’il y aura des conséquences pour les particuliers, arguant qu’un état qui emprunte plus cher, implique pour les banques des financements à des taux plus élevés, et par voie de conséquence une répercussion de ces coûts sur les taux proposés au public. Cependant, cette analyse est-elle juste ? Contrairement à ces prédictions, chez In&Fi Crédits, nous pensons que la dégradation de la note française ne devrait pas avoir d’incidences notoires sur les taux du crédit et notamment ceux du crédit immo.

D’une part, la perte du triple A fut largement anticipée par les marchés et la France ne verra pas ses taux d’emprunt véritablement bondir à la suite de cette notation dégradée. Les taux auxquels l’état empruntait n’étaient déjà plus des taux correspondant à un triple A.  D’autre part, même si la perte du triple A peut faire varier les taux de l’OAT, et donc le montant que l’Etat devra payer pour ses émissions d’obligations d’Etat, ces taux OAT ne sont pas directement liés aux taux proposés par les banques. Contrairement à une idée reçue largement répandue, comme le rappelle Mr Pascal Beuvelet, président du groupe In&Fi Credits : « l’OAT n’a, lui, rien à voir avec la fixation des taux de crédit immobilier : affirmer qu’il y a une relation mécanique est une aberration. Les banques ne se refinancent pas avec l’OAT. Elles se financent soit entre elles,  soit auprès de la BCE. C’est ceci qui constitue le financement des banques, et qui va servir à déterminer leurs taux de marché : sur ce taux, elles vont réaliser des calculs pour appliquer des marges. Les banques vont se positionner par rapport aux politiques commerciales de leurs concurrentes. ». L’augmentation éventuelle des taux de l’OAT ne devrait donc pas entraîner une hausse directe des taux d’emprunt immobilier.

En revanche, il est clair que les banques ont durci ces derniers mois les conditions d’accès au crédit immobilier et que cette tendance à la prudence devrait se poursuivre. Selon Mr Pascal Beuvelet, ce durcissement des conditions d’accès aux emprunts devrait avoir une incidence très notable sur le marché immobilier : « Le régulateur actuellement en matière d’immobilier, c’est l’accession au crédit. L’achat est actuellement payé à 95% par un emprunt. Or, si la personne qui achète n’a pas son emprunt, elle ne paie pas. Du fait de la politique des banques, il y aura moins d’emprunteurs éligibles au crédit. De ce fait, automatiquement, les vendeurs seront obligés d’adapter leurs prix de vente aux possibilités d’achat des acheteurs, et ce avant même la notion d’offre et de demande. Ce sont les conditions de crédit qui vont faire le marché. »

Pour finir sur une note optimiste, rappelons également que les emprunteurs bénéficient toujours des taux d’emprunt parmi les plus bas d’Europe. Le crédit reste encore peu cher en France et la concurrence accrue entre les banques permet aux courtiers In&Fi Crédits de réaliser des négociations très avantageuses pour les futurs acquéreurs.