BAISSE DES CREDITS A LA CONSOMMATION EN 2009

Avec une chute de 13,3% des crédits accordés, un record depuis 45 ans, l’année 2009 aura été une année noire pour le crédit à la consommation. La hausse de l’épargne des ménages, une distribution plus prudente du crédit, la méfiance des consommateurs qui voient leur surendettement s’envoler, autant de raisons pour l’expliquer.

Selon l’association française des sociétés financières (ASF), qui enregistre environ 60% du total des opérations, « cette décrue est d’une ampleur sans précédent en 45 ans de suivi statistique de l’activité». En 2009, l’ASF a comptabilisé 38,0 milliards d’euros de crédits consommation distribués sur l’année, contre 43,8 en 2008. «Seuls ont résisté les financements d’automobiles neuves, en hausse de 2,7%, en partie grâce à l’effet stimulant de la prime à la casse. »

La crise financière en cause.

Comme le montrent les chiffres du surendettement (+6% de ménages surendettés sur un an à fin septembre), la crise et la hausse du chômage ont contribué à augmenter les difficultés de remboursement des ménages. Aussi, ont-ils favorisés des comportements d’épargne, avec un taux d’épargne atteignant un niveau record de 17% des revenus, inégalé depuis l’année 2002. En règle générale, les ménages français ont privilégié les achats moins dispendieux. D’après Nicolas Pécourt, directeur des études chez Sofinco, le montant des crédits à la consommation a baissé en moyenne de plus de 10% par rapport à 2008.

Une offre plus prudente et aussi une demande plus rare.

Début 2009, les établissements de crédit ont été confrontés à une diminution de leurs ressources financières, qui a entraîné la baisse de leur capacité de prêt. Dans ce contexte, ils se sont montrés plus prudents dans la sélection des dossiers emprunteurs pour éviter la multiplication des défauts de paiement. Cependant la principale cause reste la raréfaction de la demande. Ainsi, par exemple, les crédits consommation pour l’équipement de la maison ont baissé en proportion de la diminution des investissements immobiliers. Le consommateur s’est montré méfiant et attentiste. Et en 2010 ? Les analystes prévoient que les crédits destinés à financer les achats d’automobiles ou d’équipement de la maison devraient être stables, en revanche le crédit à la consommation pourrait être relancé par l’arrivée d’un nouvel acteur de poids : la banque postale. Celle-ci lance en effet son offre de crédit à la consommation par le biais de sa filiale Banque Postale Financement.