Crédits : Ce qui a changé

Nul ne peut dire aujourd’hui ce que seront réellement les retombées de la crise que traversent les milieux financiers depuis quelques semaines. Une chose est sure : le paysage bancaire et le marché immobilier en sortiront certainement différents de ce qu’ils étaient il y a encore quelques mois. Il convient pourtant de ne pas céder à la panique, et de faire un examen objectif et complet des conséquences des évènements récents sur l’accès au crédit, notamment pour les particuliers, emprunteurs immobiliers. Etat des lieux :

  1. Peut-on encore trouver un crédit immobilier ? La réponse est oui. Fondamentalement, le réseau In&Fi n’a d’ailleurs pas constaté de chute notable de son activité sur les derniers mois. Même s’ils ont remonté, les taux fixes restent à un niveau tout à fait acceptable (aux alentours de 5 à 5,30% sur 20 ans). En réalité, bien plus qu’à un changement des critères d’acceptation des dossiers par les banques, on assiste à une application beaucoup plus stricte des règles élémentaires d’analyse du risque. Le taux d’endettement ne peut généralement plus dépasser les sacro-saints 33%, et mieux vaut disposer d’un apport suffisant (de l’ordre de 15 à 20%) pour obtenir un accord. D’autres paramètres, comme la stabilité professionnelle, l’ancienneté, ou l’estimation raisonnable du bien immobilier sont également déterminants. La situation conduit surtout à un retour à la prudence. Selon plusieurs estimations, 8 à 10% des dossiers des emprunteurs seraient aujourd’hui écartés par les établissements financiers. On peut en déduire que 90% sont donc toujours considérés comme potentiellement finançables. La demande de financements immobiliers correspond à celle des logements, qui ne se dément pas. La production de crédits immobiliers reste un objectif majeur pour la plupart des banques généralistes.
  2. En cas de revente préalable, la banque peut-elle toujours accorder un prêt-relais ? Oui. Là aussi, les conditions du marché rendent toutefois nos partenaires plus vigilants. Leur préoccupation va porter avant tout sur la vérification de l’estimation du bien à vendre. Le propriétaire doit faire preuve de réalisme, et accepter de conforter son dossier par deux ou trois expertises, ou parfois d’une attestation notariée. Avant de prêter, la banque va légitimement s’assurer de la qualité de sa garantie, donc de la valeur du bien à vendre, dans un contexte de baisse attendue des prix immobiliers !
  3. Est-ce le moment d’acheter ? En tout cas, rien ne doit dissuader un acquéreur de réaliser son projet s’il juge les conditions réunies. Notre conseil : bien préparer son dossier, et mettre tous les atouts de son côté. La présentation du projet prend toute son importance, au moment ou les établissements prêteurs jugent plus que jamais un dossier sur des critères qualitatifs. On peut raisonnablement parier sur une relative stabilité des taux d’intérêt. (la Banque Centrale Européenne vient d’annoncer une baisse de ses taux directeurs au moment ou nous écrivons ces lignes).