Edito : Pourquoi les taux immobiliers n’augmenteront pas en début 2017

Chez In&Fi nous ne notons pas de rebond sur les taux de crédits. Contrairement aux fins d’années précédentes où les banques augmentaient leurs taux car elles avaient rempli leurs objectifs, nous n’observons pas ce phénomène. L’observatoire CSA Crédit Logement constate même une baisse des taux.

Cette situation s’explique parfaitement et ceux qui lient l’évolution des taux immobiliers avec ceux des intérêts sur les obligations d’Etat (OAT) qui eux, vont monter, devront trouver une autre justification à leur théorie.

La Banque Centrale Européenne (BCE) n’envisage pas de modifier sa politique monétaire. Il n’y a aucune pression sur les taux. Le non au référendum Italien et l’éventualité d’une politique inflationniste aux Etats-Unis ne changeront pas la donne. Les taux européens resteront contraints pour ne pas pénaliser les Etats de l’UE trop endettés. Laisser filer les taux c’est dire adieu à l’Euro. Sans aucun doute, la BCE maintiendra son taux à 0% et les liquidités resteront abondantes.

Confrontées à une érosion de leurs marges (concurrence fin tech, coût d’applications des nouvelles normes de sécurité prudentielle et financières etc…), les banques sont contraintes de se livrer à une concurrence féroce pour gagner de nouveaux clients et de nouveaux comptes. Elles profitent de ressources abondantes majoritairement à 0%.

“Toute offre trop élevée met la banque immédiatement hors-jeu”

Désormais, la concurrence interbancaire ne connait plus de pause. Elle s’exerce tout au long de l’année. Cette pression à la conquête commerciale se manifeste en priorité par l’offre sur les taux des crédits immobiliers. Dans cette configuration, chaque banque nationale et régionale scrute en permanence les offres concurrentes et place son offre de taux à un niveau le plus compétitif possible. Aujourd’hui avec des courtiers en crédits qui distribuent plus 35% des crédits immobiliers, toute offre trop élevée met la banque immédiatement hors-jeu. La libéralisation du choix de la compagnie d’assurance qui garantira votre prêt accroit encore plus les possibilités de choix du meilleur crédit + assurance.

Chez In&Fi, pour anticiper l’évolution des taux de crédits immobiliers, nous observons quotidiennement les variations du niveau de l’inflation. Nous anticipons que les taux remonteront quand le niveau de l’inflation sera tel qu’il contraindra la BCE à revoir sa politique monétaire en limitant le volume de liquidité et surtout en remontant son taux directeur. Toute hausse du taux directeur aujourd’hui à 0% augmenterait immédiatement le coût des ressources bancaires avec pour corollaire une augmentation de leurs taux pour préserver leurs marges.
Bien que l’inflation soit mesurée en petite tendance haussière, nous sommes encore loin des 2% considérés comme un must économique. L’éventualité d’une hausse du taux directeur de la BCE n’est pas encore à l’ordre du jour.

Sur le plan pratique il convient de minimiser les effets financiers d’une augmentation des taux. En effet, sur un crédit de 150 000 euros sur 20 ans, ce qui correspond à la moyenne des demandes de crédit en France, une hausse de 0,10% augmente la mensualité de seulement 6,76 euros et le coût global du crédit de 1 621 euros.
Pour une hausse de 0,20%, la mensualité augmente de 13,52 euros et le coût du crédit de 3 242 euros.

Actuellement nous ne voyons aucun élément technique qui puisse modifier significativement la motivation des candidats à l’acquisition.

 

Par Pierre-Etienne Beuvelet, Directeur Général d’In&Fi Crédits