Les courtiers en crédits, régulateurs des taux immobiliers

L’affichage du meilleur taux de crédit est un élément de conquête commerciale pour tous les établissements de crédits spécialisés (CETELEM, COFIDIS, COFINOGA etc…) et même des mutuelles d’assurance. Nous voyons quotidiennement leurs annonces à la TV.

En revanche, concernant le crédit immobilier, c’est le silence total, que ce soit à la TV et dans tout autre média. Soucieuses de ne pas se lancer dans une concurrence à la baisse qui impacterait leurs marges, l’information n’est disponible qu’en agence.

Avec l’apparition des courtiers en crédits, la donne en matière de communication sur les taux est totalement bouleversée. Chaque courtier veut, lui aussi, conquérir la clientèle du plus grand nombre d’emprunteurs. En 2015, il y a eu plus d’un million de logements vendus pour un montant financé de 156 milliards d’euros. A ces nouveaux crédits s’ajoutent les renégociations de crédits pour 76 milliards. Ensemble, il s’agit de 232 milliards représentant plus de 100 000 dossiers de crédits par mois !

Les courtiers en crédits ont parfaitement identifié la nécessité d’alerter quotidiennement l’emprunteur sur ce qui l’intéresse prioritairement : « Obtenir le taux le plus bas ».

L’argument visible du meilleur taux est déterminant. Aussi, tous, sont engagés dans une communication sur un sujet jusqu’alors considéré comme un quasi secret de fabrique par « l’établissement bancaire ». Tous les mois, chaque réseau d’audience nationale communique ses chiffres. De plus en plus complets, ils indiquent le niveau des taux au plan national et régional, le montant moyen des apports, les durées d’emprunts, les profils des emprunteurs etc…. Ces informations sont instantanément reprises par les médias.

“Les emprunteurs ont compris que le crédit est devenu un marché de libre concurrence”

Désormais, les candidats à l’emprunt immobilier ont accès à une information abondante et fiable. Les résultats sont là. En 2015, plus de 50% des emprunteurs ont consulté un courtier et 75% d’entre eux ont réalisé leur financement grâce à son intermédiation. C’est 37,5% du marché global. Mathématiquement, dès que 80% des emprunteurs solliciteront un courtier, ces derniers assureront plus de 60% de la distribution des crédits à l’habitat.

Ce qui est définitivement acquis : les emprunteurs ont compris que le crédit est devenu un marché de libre concurrence accessible sans contrainte et sans risque financier. Grâce à l’intervention d’un courtier, ils sont désormais en capacité de comparer les offres de différentes banques et d’obtenir la solution qui leur convient. Ils ont le pouvoir de l’arbitrage.

Les négociations menées par les courtiers sont fondées sur la concurrence entre les banques. Obtenir pour un emprunteur la meilleure solution de crédit a pour conséquence directe une pression constante sur le niveau des taux.

Les courtiers crédits sont durablement des régulateurs de taux.

 

Par Pascal Beuvelet, Président fondateur d’In&Fi Crédits