Vous empruntez ! Ce qu’il faut savoir et que vous ignorez peut-être

Vous envisagez de réaliser un achat immobilier et vous avez besoin d’un prêt. Vous voulez savoir si votre situation vous permet d’obtenir un crédit pour financer l’achat. Très naturellement, vous consultez votre agence bancaire.

Professionnels du crédit, nous remarquons quotidiennement que les réponses qui sont faites ne sont pas à la hauteur des attentes. Ce constat est corroboré par les nombreux témoignages dans la presse et les réseaux sociaux expliquant que certaines typologies d’emprunteurs seraient ostracisées par les banques. Réponse d’In&Fi…

La banque, une entreprise comme une autre

Vous empruntez. En plus de votre situation personnelle (revenu, apport, âge, santé), plusieurs conditions vont affecter le délai et la réponse qui vous sera faite. Ainsi, si votre demande est hors des pouvoirs de votre interlocuteur ou en l’absence de promesse de vente, il ne vous vous donnera aucune réponse sur laquelle vous pourrez tenir.

La banque est une entreprise comme une autre. Votre conseiller a des objectifs de productivité et il ne s’investira pas dans l’étude détaillée de votre dossier si celui-ci n’est pas formellement engagé. Or, il n’est pas possible d’avoir une réponse fiable sur un dossier qui nécessite préalablement un investissement temps coûteux. Aussi, seule la fourniture d’un document d’achat (promesse de vente, contrat de réservation) lancera la procédure « officielle » d’étude de votre financement.

Ensuite, vous devez savoir que votre conseiller et le directeur de l’agence ne disposent pas forcément du pouvoir de vous accorder eux-mêmes votre crédit.

Un crédit immobilier n’est pas un crédit à la consommation. L’emprunteur et la banque s’engagent sur des montants importants et des durées longues. C’est pourquoi, pour des raisons sécuritaires et prudentielles, dans chaque agence bancaire les pouvoirs d’engagements sont limités suivant des caractéristiques parfaitement codifiées, propres à chaque dossier d’emprunt (montant, apport, ratio d’endettement, âge santé de l’emprunteur).

Si, pour l’exemple le plus simple, la limite d’engagement est à 150 000 € et que votre demande de prêt est d’un montant supérieur, vous obtiendrez une réponse de principe « Pour moi ça passe ». En effet, votre dossier devra être présenté à un comité, qui seul valide l’octroi du prêt. Son accord est indispensable à l’émission de l’offre de prêt qui formalise l’accord de la banque sur les conditions de son prêt (montant, durée, taux, garanties).

Cette procédure interne, propre à chaque établissement de crédits, augmente les délais de réponse surtout si le comité juge que le dossier qui lui est présenté est incomplet ou imprécis.

Aussi, pour éviter les mauvaises surprises, nous conseillons à tous les emprunteurs de se renseigner sur les capacités d’engagements de leur interlocuteur. C’est un point très important surtout en ce moment où l’afflux de dossiers a considérablement augmenté les délais d’instruction.

Nous recommandons un délai de durée de la condition suspensive de prêt de minimum 60 jours au lieu des 45 jours d’usage.

Il y des solutions

Dans notre économie de libre concurrence, les banques sont en compétition. Ce que l’une refuse l’autre peut l’accepter. Dans cette configuration, la comparaison est un acte de bonne gestion surtout financière quand on sait qu’un crédit a une durée moyenne de 17.5 ans (211 mois) et représente 3.84 années de revenu.

Si vous ne disposez pas du temps nécessaire pour consulter plusieurs banques, nous recommandons le recours à un courtier en crédits pour lequel l’âge, la santé, l’absence d’apport, la situation professionnelle ne constituent pas des critères pénalisants.

En outre, il faut savoir que les courtiers accèdent à des plateformes bancaires exclusivement dédiées au financement immobilier. Les directions de ces plateformes spécialisées disposent des plus grands pouvoir d’accord sur les montants sollicités et aussi pour la négociation des taux d’intérêts.

Chaque dossier est un cas unique et nécessite une étude exhaustive, un montage spécifique pour le présenter et le défendre. Vous n’engagez aucun frais financier car les honoraires du courtier ne sont payables qu’après le déblocage du prêt.

Consulter un courtier et mette en concurrence les offres est un acte de bonne gestion patrimoniale.

 

Par Pascal Beuvelet, Président d’In&Fi Crédits