Edito : Soyez rassurés, la hausse des taux ce n’est pas pour demain !

Après une baisse continuelle des taux des crédits immobiliers, quelques banques ont relevé leurs tarifs. Cette information a aussitôt fait les choux gras d’alarmistes qui veulent vendre du crédit en prétendant qu’il faut se lancer maintenant car demain ce sera plus cher.

Je désapprouve les comportements qui jouent sur les peurs.

La réalité sur la hausse des taux

La Banque est une entreprise comme une autre qui vend des produits financiers (dont les crédits) et des services. Comme toutes les entreprises, l’évolution des conditions économiques a un impact immédiat sur l’évolution du prix de revient des produits vendus. Nous connaissons parfaitement les trois principales raisons techniques qui forceraient une banque à augmenter ses taux :

1) Un manque de liquidités

En matière de crédit c’est aussi la loi de l’offre et la demande qui s’applique. Si l’accès à la ressource à prêter est réduit il faut payer plus cher pour l’obtenir. Les taux montent !

Ce que je constate c’est que les liquidités sont là puisque jusqu’à fin 2016 la Banque Centrale Européenne (BCE) arrosera l’économie à raison de 50 milliards d’euros par mois soit encore 850 milliards à venir. Et elle prévoit d’aller au-delà de 2016 !

2) Des ressources monétaires plus chères

Dans ce cas où le coût de l’argent emprunté (BCE, épargnants, entreprises créditrices, interbancaire) augmente, la banque en répercute la hausse sur ces produits financiers. Les taux montent !

Ce que je constate c’est que depuis septembre 2014, les taux de refinancement des banques auprès de la BCE sont à 0.05%. Pour moi ce taux restera durablement à ce niveau au-delà de 2016. La rémunération du Livret A est à 0.75% et en moyenne les rémunérations des comptes courants créditeurs sont de l’ordre de 0.40%. La ressource n’est pas chère.

3) Une inflation en hausse qui impacte les coûts de fonctionnement

Dans cette configuration les prix de revient augmentent. Pour conserver les marges il faut vendre plus cher : les taux montent !

Ce que je constate c’est qu’en rythme annuel, l’inflation est mesurée à 0.2%. C’est très loin du niveau 2% recherché par la BCE. Les matières premières et principalement le pétrole sont au plus bas. Les salaires ne bougent quasiment pas. Pour moi c’est clair la relance de l’inflation est pour l’instant un échec. Les coûts de production resteront bas !

Pas d’alarme sur le coût global du crédit

Une hausse de 0.10% sur 100 000 € à 15 ans se traduit par une augmentation de la mensualité de 4.60 € qui renchérit le coût global du crédit de 828 €.

Pas d’alarme sur la capacité d’emprunt

Pour une mensualité de 1000 € sur 15 ans à 2% le capital prêté est de 155 398 €. Pour un taux de 2.10% il sera de 154 291 €. L’écart n’est que de 1 107 €.

Ma conclusion est formelle : à ce jour il n’y a absolument aucune raison technique qui accrédite une hausse des taux et les candidats à l’acquisition doivent se sentir totalement rassurés pour mener à bien leurs projets immobiliers.

 

Par Pascal Beuvelet, Président d’In&Fi Crédits