Edito : Marre des alarmistes sur le crédit immobilier

Fin 2013, quasiment tous les courtiers en crédits considéraient que les taux immobiliers jamais atteints étaient au plus bas et annonçaient que seule une hausse était la suite logique. Cette prévision s’est avérée totalement fausse puisque la baisse a continué jusqu’à maintenant.

A nouveau il y a quelques semaines, la flambée des taux OAT et la hausse incidente de la banque LCL de quelques centièmes de pourcent provoquaient une salve d’informations anticipant une nouvelle hausse des taux immobiliers. Aussitôt, les courtiers qui corrèlent, peu ou prou, taux OAT et taux immobiliers, se sont enflammés sur une prévisible hausse. Comme il n’en a rien été, les discours sont devenus plus modérés.

Il y a quelques jours, le courtier Immoprêt profitait, lui, de l’information sur la retenue à la source des impôts pour lancer un avertissement dramatisant. Jugeant que les recettes affichées sur la feuille de paie seront plus faibles, la capacité d’emprunt des candidats à l’acquisition immobilière le serait aussi.

C’est évidemment faux.

Un changement d’écriture comptable ne modifie en rien le ratio d’endettement des emprunteurs dont les dossiers sont bien analysés. Les banquiers et les professionnels du courtage connaissent bien leur travail et dans cette nouvelle configuration les ratios d’endettements seront relevés.

Pour ne pas être en reste, je prédis pour le court terme une hausse des taux dès le début du 4ième trimestre.

Deux raisons principales :

  • Les banques qui auront réalisé leurs objectifs annuels vendront plus cher leur crédit.
  • Une hausse, certes faible, mais réelle de l’inflation qui surenchérit les coûts de production.

 

Cette hausse moyenne de 0.1 à 0.15% sera variable selon les durées et restera tempérée par la concurrence interbancaire.

Déjà amorcée par le Crédit Foncier et le Crédit Agricole, j’anticipe également le retour progressif des banques françaises à la titrisation, celle qui est responsable de la crise des subprimes de 2008.

Aucune catastrophe à attendre sur le front des taux mais plutôt une amélioration des bilans des banques.

Hélas, pas de quoi créer un scoop !

 

Par Pascal Beuvelet, Président d’In&Fi Crédits