Configuration paradoxale : le courtage de crédit en expansion, l’immobilier en dépression

L’activité des courtiers en crédit est en croissance ininterrompue depuis plus de 10 ans. Notre part de marché dans la distribution des crédits immobiliers est passée de 15% en 2006 à plus de 30% en 2014. L’APIC notre syndicat anticipe qu’elle atteindra les 50% dans les 3 ans à venir !

Pour beaucoup cette dynamique est incompréhensible puisqu’il s’agit d’une activité directement corrélée à un marché de l’immobilier atone pour l’ancien et dépressif pour la construction neuve. A l’analyse des volumes de crédits à l’habitat des 3 dernières années (119 milliards en 2012, 129 milliards en 2013 et 128 milliards en 2014), on mesure un volume moyen de 125 milliards avec un écart maximum par rapport à la moyenne de l’ordre de 5%.

Dès lors il est clair que les baisses d’activité subies par les professionnels de l’immobilier ont un impact limité sur le montant des financements distribués et donc sur le niveau d’activité des intermédiaires en opérations de banque

La réalité est beaucoup plus simple : les parts de marché des courtiers sont directement conquises sur l’activité de vente directe des crédits immobiliers par les banques. Notre entrée, en nombre, dans l’univers très concurrentiel de la distribution des crédits bouleverse la donne d’autant qu’il s’agit d’une mutation de fond, durable, constatée partout en Europe.

Les deux fondamentaux qui justifient cette évolution sont parfaitement identifiés.

En premier lieu notre activité est définitivement « sacralisée » par la loi. La protection de l’emprunteur nous impose des obligations règlementaires et prudentielles qui renforcent plus encore notre professionnalisme. Cette garantie de la sécurité juridique et financière rassure et conforte, elle est fondamentale.

En second lieu, nous permettons à tous les emprunteurs d’accéder immédiatement et sans effort à une multitude d’offres bancaires. Il s’agit d’un marché de libre concurrence où notre mission d’intermédiation et de négociation prend tout son sens puisque nous optimisons les solutions de crédit. Notre activité quotidienne au cœur du marché nous confère un pouvoir certain en matière de régulation des taux.

A l’instar de toutes les activités disposant d’un marché en pleine expansion, les ambitions de croissance sont fortes. Les grands réseaux se structurent et le nombre des intermédiaires en opérations de banque devrait plus que doubler dans les toutes prochaines années.

 

Par Pascal Beuvelet, Président fondateur d’In&Fi Crédits