L’édito de Pascal Beuvelet : les banques pas responsables de la baisse des volumes de crédits immobiliers

Pour moi c’est clair les banques ne sont pas responsables de la baisse des volumes de crédits immobiliers.

Alors que les volumes de crédits à l’habitat représentaient 170 milliards d’euros en 2007 et une moyenne de 141 Milliards sur 7 ans, ils représenteraient au mieux 130 milliards à fin 2014. C’est 10% de moins que la moyenne.

A l’analyse de ces chiffres, nombreux sont ceux qui font du banquier le principal responsable de cette chute de la distribution des crédits immobiliers et ce, pour de prétendues questions d’opportunité économique et de rentabilité.

Ce n’est pas la réalité.

En relation permanente avec les directions des banques, je suis formel : les banques sont résolument prêteuses. Nous avons d’ailleurs reçu leurs enveloppes budgétaires pour 2015 lesquelles affichent un objectif de hausse moyenne de l’ordre de 15% par rapport à 2014.

En 2015 les moyens de financements dont disposent les banques à destination des emprunteurs sont réellement optimisés comme ils ne l’ont jamais été :

  • Les liquidités mises à leur disposition par la BCE sont durablement abondantes. L’argent est là.
  • Leur taux de refinancement BCE est au plancher de 0.05 % ! C’est un plus bas.
  • Le taux de rémunération du livret A passerait à 0.75% en février au lieu de 1% jusqu’alors. C’est une ressource moins coûteuse.
  • Les conditions d’octroi des crédits immobiliers n’ont pas été aggravées.

 

Il s’agit toujours d’avoir un apport personnel minimum de 10% et de respecter un taux d’endettement, rapport revenu/mensualité, de l’ordre de 33%. Rien de plus raisonnable et prudentiel pour respecter l’équilibre budgétaire du ménage emprunteur.

En outre, la concurrence interbancaire qui leur impose une stratégie de conquête quotidienne dans laquelle le canal courtier représente désormais plus de 30% des volumes distribués.

Aussi, alors que 79% des français veulent être propriétaires et que l’offre de crédits est là, il faut chercher ailleurs les raisons de la stagnation des volumes de crédits.

C’est clair : les candidats à l’acquisition ont peur de s’engager. Ces raisons sont parfaitement identifiées.

Pour les acquéreurs de résidences principales il s’agit principalement d’une perte de confiance :

  • Peur de ne pas retrouver un travail en cas de licenciement.
  • Constat d’un salaire net en baisse
  • Constat de charges fiscales en hausse
  • L’espoir médiatiquement entretenu d’une révision drastique à la baisse des prix de vente.

 

Pour les investisseurs en immobilier locatifs :

  • Les ravages psychologiques liés aux dispositions de la loi ALUR
  • Une règlementation déséquilibrée au bénéfice des locataires
  • Une fiscalité toujours connotée à la hausse

 

C’est clair, en l’état, notre situation économique globale, sans vision de retour à meilleure fortune, ne plaide pas pour un achat immobilier financé à long terme et donc très engageant.

En effet, le logement constitue la 1ère charge budgétaire des propriétaires (en moyenne plus de 27% des revenus) et son coût moyen relatif représente 4.69 années de revenus.