L’évolution des taux des crédits immobiliers et la concurrence interbancaire font le bonheur des emprunteurs

Par Pascal Beuvelet – Président fondateur d’In&Fi Crédits

Les taux des crédits immobiliers sont à un plus bas historique. Ce mois-ci, toutes durées confondues, la moyenne est de 2,47% soit une baisse moyenne des taux fixes de 0.2 point de base par rapport à mai. Dans cette configuration, la perspective d’une hausse serait logiquement envisageable ; mais c’est loin d’être le cas !

Les raisons sont clairement identifiées :

  • La politique monétaire de la Banque Centrale Européenne (Taux à 0.15% et liquidités abondantes) restera durablement accommodante.

 

  • Les banques sont dans une période très exceptionnelle où les ressources sont abondantes à un coût plancher. Elles sont prêteuses !

 

  • Les états de l’euro-zone, dont la France, sont très endettés. Ils financent leurs dettes par l’emprunt, il faut donc contraindre les taux pour ne pas aggraver la charge de remboursement.

 

  • La croissance se mesure en dixième de décimale et il s’agit de ne pas la casser.

 

  • La déflation menace. Seuls des taux au plus bas et un retour de la confiance permettraient une relance de l’investissement, de la consommation et de porter l’inflation au niveau de 2%. Mais en l’état, il est clair que la confiance n’est pas là !

 

Sur le fond, je prédis qu’il n’y aura pas de remontée des taux tant qu’il n’y aura pas préalablement de remontée de l’inflation.

Par ailleurs, à ces éléments d’ordre économique s’ajoute une composante commerciale déterminante : « Le jeu de la concurrence ». A l’instar de tous les secteurs de l’économie, le secteur bancaire est excessivement concurrentiel. Le crédit immobilier est engageant sur le montant et la durée. Il reste le produit « Tête de gondole » des banques pour gagner de nouveaux clients, ouvrir de nouveaux comptes, vendre plus de services et plus de produits à valeur ajoutée.

Il s’agit donc pour chaque établissement de crédit d’être toujours en phase avec le marché, sans décalage avec les offres concurrentes ! Les grilles de taux sont modifiées tous les mois !

Dans cet environnement où se gagnent et se perdent des parts de marché, les courtiers en sont devenus des régulateurs de l’offre. Contrôlant près de de 30 % de la distribution des financements immobiliers, ils maintiennent en permanence les taux aux niveaux les plus bas.

Cette nouvelle liberté du marché fait le bonheur des consommateurs emprunteurs pour lesquels la négociation des meilleures conditions de financement est un enjeu financier majeur.

En l’état, avec des taux et des prix immobiliers négociables à la baisse, la période actuelle est idéale pour les acheteurs.