L’édito de Pascal Beuvelet : les taux immobiliers resteront bas

Les taux des crédits immobiliers sont proches de leur plus bas historique. A ce stade, la perspective d’une remontée des taux est logiquement l’option la plus envisageable. Cependant, les conditions économiques actuelles rendent très peu vraisemblable une hausse significative dans les mois à venir.

En matière de financement, les banques n’ont aucun problème d’accès à la liquidité puisque la BCE a dû se substituer à un marché interbancaire totalement paralysé. En effet, les banques n’ont plus aucune confiance entre elles, elles ne se prêtent plus. Par sécurité elles déposent leurs liquidités excédentaires à la BCE.

Sur le plan économique, la Zone Euro est caractérisée par un endettement et un chômage endémique des Pays du sud, Portugal, Italie, Espagne, Grèce, France.

Face à cette situation économique et financière désastreuse, la BCE a opté pour un taux directeur bas : figé à 0,5% depuis mai 2013, ce dernier a chuté à 0,25% en novembre. Sans cette politique de taux bas, la position financière des Etats mal endettés serait intenable.

Ainsi, à titre d’exemple, la France affiche une dette de 1900 milliards d’euros. Une hausse de 1% de son taux d’emprunt (OAT) induirait une charge financière supplémentaire de 19 milliards d’euros. Sans aucun doute l’équilibre budgétaire (jamais atteint depuis 40 ans) serait alors recherché via une nouvelle augmentation de la pression fiscale sur les seuls payeurs solvables qui créent ou ont créé la richesse; je parle ici des ménages actifs, des entreprises et des retraités.

Dans cette configuration, 0.25% est le taux directeur le plus bas jamais atteint.

En matière d’amélioration des ressources financières des banques, il faut également rappeler que le coût de rémunération de l’épargne populaire a été ramené de 1.75% à 1.25%, ce qui allège de près de 29% la rémunération de cette dette. Cette rémunération pourrait être abaissée à 1% en février 2014.

Enfin et ce n’est pas le moindre des arguments en faveur d’une maitrise de la hausse des taux des crédits immobiliers, il faut prendre en compte le caractère excessivement concurrentiel du secteur bancaire.

En effet, le crédit immobilier est un produit très engageant pour l’emprunteur puisque sa durée initiale est en moyenne de 16 à 17 ans. C’est par excellence le produit commercial « Tête de gondole ». Il s’agit pour chaque banque de gagner le plus grand nombre de nouveaux clients avec pour objectif de leur vendre d’autres produits et des services beaucoup plus rentables que le seul crédit.

Dans ce contexte, la stratégie de conquête commerciale des Banques est essentiellement assise sur l’affichage des taux les plus bas car c’est encore le seul argument de vente identifié par le client emprunteur.

Cette concurrence commerciale permanente est également régulée à la baisse grâce à la montée en puissance des courtiers crédits qui assurent désormais 25% de la distribution des crédits immobiliers. Les consommateurs l’ont bien compris puisque la part de marché des intermédiaires de crédits progresse de plus de 10% par an.

En l’état j’estime qu’il n’existe aucune raison technique ou commerciale pour que les taux des crédits immobiliers augmentent.

Dans cette configuration exceptionnelle d’optimisation du financement des projets immobiliers, la période est idéale pour les acheteurs.

 

Par Pascal Beuvelet – Président fondateur d’In&Fi Crédits