Dette des ménages : le poids des crédits immobiliers

Que pèse la dette des crédits immobiliers dans le budget des ménages français ? D’après le baromètre du surendettement de la Banque de France : pour le premier trimestre 2013, près de 10,3% des dossiers de surendettement présentent des dettes immobilières. Un pourcentage dont la hausse s’accélère depuis ces derniers mois.

La part des dettes immobilières ne cesse de croître dans l’endettement des ménages français. D’après le baromètre du surendettement établi par la Banque de France : au premier trimestre 2013, près de 10,3% des ménages français en surendettement possèderaient des dettes immobilières pour un montant moyen estimé à près de 105 000 euros.

L’impact des crédits immobiliers dans la dette des ménages va croissant

Fin 2012, 10% des dossiers de surendettement étaient concernés. 10,3% des dossiers trois mois plus tard. Comme le précise Thibault Fingonnet, « Au premier trimestre 2011, seuls 8,8% des dossiers de surendettement contenaient des dettes liées à l’immobilier. … Les dettes immobilières sont ainsi plus nombreuses mais également plus importantes. L’endettement immobilier moyen se situe ainsi à 105.100 euros début 2013, contre 101.000 euros sur le second semestre 2012. Là encore, la progression sur deux ans est plus saisissante puisque début 2011, les dettes immobilières des surendettés atteignaient en moyenne 96.800 euros. Soit une hausse de 8,6% sur 24 mois. ». L’immobilier représentait 28,3% de l’endettement global des ménages sur les trois premiers mois de 2013, contre 26,2% au troisième trimestre 2012.

Cette tendance s’explique en partie par les critères d’attribution des crédits immobiliers jusqu’à 2012. Comme le détaille M. Thibault Fingonnet : « Jusqu’à cette date, les banques se montraient moins exigeantes sur l’apport personnel et sur les durées. Les crédits immobiliers plus longs s’avérant également plus coûteux, les ménages surendettés se sont retrouvés confrontés à des dettes immobilières plus lourdes et plus difficiles à éponger.»

Aujourd’hui, la plupart des établissements ont modifié leurs critères d’attribution, anticipant notamment la réglementation Bâle III, qui exige un ratio de fonds propre plus important afin d’éviter de nouvelles crises financières en Europe. Aussi, la plupart des crédits immobiliers n’excèdent plus les 25 ans, comme le montrent les chiffres du dernier observatoire CSA/Crédit Logement, établis pour rendre compte du financement des marchés résidentiels. Les exigences en matière d’apport personnel sont par exemple plus strictes. Les établissements bancaires exigeant au minimum que l’emprunteur soit en mesure d’assurer la dépense des frais de notaire et des frais d’acquisition.

Parallèlement à la hausse de la part de l’immobilier dans l’endettement global des ménages, on observe également une baisse de la part des dettes à la consommation. Ces dernières passent de 53,4% à 50,9%, entre le premier trimestre de 2013 et le dernier trimestre de l’année 2012.

Un constat à rapprocher des évolutions du projet de loi à la consommation 2013. Notamment, celles qui concernent le fichier positif qui recensera les crédits en cours d’un ménage. Sans cesse remodelé, ce registre national des crédits devrait désormais être limité aux seuls crédits à la consommation. Le poids de l’immobilier dans la dette des ménages semble confirmer les craintes de certains observateurs qui estiment que le fichier positif pourrait ne fournir au final qu’une photographie très parcellaire de la situation réelle des clients.

 

*Sources : toutsurlescredits.com par Thibault Fingonnet.