LES PATRIMOINES IMMOBILIERS DANS LA ZONE EURO

Confrontée à une crise financière sans précédent, la zone euro doit également faire face à un grave problème d’endettement des états. Cependant, d’après une étude récente de la BCE (Banque Centrale Européenne), on relève que les pays les plus en difficultés possèdent également un patrimoine médian par habitant plus élevé que les états qui financent leurs plans de secours. Petite revue de détails…

Les résultats d’une étude menée par la Banque Centrale Européenne et portant sur les patrimoines des états européens pourront paraître surprenants : ainsi, Chypre, qui était au bord du naufrage financier il y a moins d’un mois, possède le patrimoine médian par ménage le plus élevé à 267 000 euros et une richesse moyenne de 641 000 euros par ménage. L’Allemagne figurerait de son côté comme la moins bien dotée avec un patrimoine médian de 51.400 euros, 5 fois inférieur à celui de Chypre et 3,5 fois inférieur à l’Italie ou l’Espagne (le patrimoine médian étant la valeur de patrimoine qui départage les 50% les plus riches des 50 % les plus pauvres dans une population).

Des états du sud, propriétaires de leurs biens immobiliers

De telles différences s’expliquent par le fait que les habitants des pays du Sud sont plus généralement propriétaires de leur habitation. Ainsi, 83 % des espagnols possèdent leur résidence principale, contre 44 % des allemands. Cette variété des actifs immobiliers est prépondérante à côté de biens mobiliers (voiture…) et de l’épargne financière. Dans la zone euro, la valeur médiane du patrimoine pour un ménage propriétaire s’élève à 218. 000 euros, contre 9.100 chez les ménages locataires. Les français affichent ainsi des scores respectifs de 238.000 et 7.200 euros, moins élevés que ceux de Chypre (349.000 euros et 16.300 euros).

Ces données sur le patrimoine sont également à rapprocher du niveau d’endettement, les propriétaires d’un logement étant plus endettés que les locataires. Les allemands par exemple ne consacrent que 11 % de leur revenu à payer des intérêts d’emprunt, contre 25% pour les chypriotes et 20 % pour les espagnols. Une situation qui explique pourquoi le ratio de dette par rapport au revenu dépasse les 100 % à Chypre et en Espagne, quand il n’est que de 37 % chez les allemands.

La valeur de tous ces patrimoines est également directement reliée aux bulles immobilières de ces dernières années. Ainsi à Chypre, au Luxembourg, en Belgique et en Espagne, les prix de l’immobilier se sont envolés tandis qu’en Allemagne ils sont restés stables. Néanmoins, les choses ont évolué car l’étude utilise des données qui datent de 2010, ou même de 2008 dans le cas espagnol, et les prix de l’immobilier ont fortement chuté depuis cette période.