LE MARCHE DU CREDIT A LA CONSOMMATION DEBUT 2013

Pour la 25ème année consécutive, la Fédération Bancaire Française (FBF) a mené une étude sur le taux de détention de crédits par les ménages français. Les résultats indiquent une chute à 48,6%, le plus bas niveau depuis 1989. En cause, l’importance des incertitudes économiques qui conduit les français à reporter leurs projets d’achat.

Le mouvement de repli s’est amorcé depuis 2009, le taux de détention des crédits est ainsi passé de 52,6% en 2008 à 49,5% fin 2010. Si l’année 2011 avait marqué une stabilisation, la baisse s’est prolongée en 2012. Ainsi, le taux de détention des crédits par les ménages Français est passé de 49,4% fin 2011 à 48,6% en 2012. Les décisions d’emprunt sont donc profondément affectées par le contexte de crise économique actuel.

Des crédits à la consommation de moins en moins prisés

Les ménages français sont ainsi de moins en moins nombreux à posséder un crédit à la consommation. Ils étaient 30,2% fin 2011 à avoir souscrit ce type de prêts tandis qu’ils ne sont plus que 27.6 % fin 2012. Première raison à cela, les effets de la Loi Lagarde qui ont notamment participé à la baisse de distribution des crédits sur les lieux de vente (6.2 % en 2012 contre 7.4 % en 2009) ou par le biais des cartes en magasin (5.8 % en 2012 contre 7.7 % en 2009). Par ailleurs, le climat économique incertain amène les Français à reporter leurs projets de consommation. Comme le relève Michel Mouillart, professeur d’économie à Paris Ouest, « alors que les effets de la loi Lagarde se sont fait sentir en 2010 et 2011, on assiste en 2012 à un repli de tous les modes de distribution de crédit, y compris auprès des banques et des organismes de crédit. Il s’agit d’une baisse généralisée qui affecte aussi bien les projets durables que les dépenses de consommation courante ».

Un usage du crédit à la consommation qui évolue

Pour la plus grande part, les crédits à la consommation sont employés en vue de réaliser des projets d’équipement (automobile, équipement ménager). Cependant on note également la hausse du pourcentage de français qui utilisent ce type de financement pour répondre à des dépenses de consommation courante (11,6% en 2012 contre 9,6% en 2009). On remarque ainsi que de plus en plus de foyers français utilisent un crédit à la consommation pour payer leurs impôts par exemple : (3.6 % en 2012 contre 2.6 % en 2011).

D’après les spécialistes, le mouvement baissier du taux de détention des crédits devrait se poursuivre en 2013. Une prévision que semble appuyer les résultats de l’étude de la FBF qui montrent que 3.5 % des ménages seulement expriment l’intention de souscrire un crédit à la consommation dans les prochains mois.

Rappelons cependant que depuis 15 ans, le taux d’endettement des français n’a cessé de progresser et qu’il atteint toujours ses plus hauts niveaux historiques. Au début des années 2000, le ratio mesurant les dettes par rapport aux revenus dépassait de peu les 50%. Et il n’était pas supérieur à 71% à la fin de 2007. Au dernier pointage effectué par la Banque de France (fin septembre 2012), l’encours de crédits des ménages atteignait 1.133 milliards d’euros, ce qui représente 81,9% des revenus disponibles. Un chiffre élevé mais qui traduisait déjà la baisse des demandes en crédit puisqu’il s’établissait à 82, 2 % au début de l’été 2012.