IMMOBILIER 2013 : LES PREVISIONS DES SPECIALISTES

Après une année 2012 qui a confirmé une légère baisse des prix immobiliers en France (-1.1% au troisième trimestre), la FNAIM a établi ses prévisions sur l’année 2013 : Elle prévoit une diminution des prix pouvant atteindre -5% l’an prochain. Dans le contexte de crise actuel, la baisse du nombre de transactions s’accompagne également d’une diminution de la surface des biens immobiliers mis à la vente.

Selon les dernières statistiques de la FNAIM (Fédération Nationale de l’Immobilier), le troisième trimestre 2012 s’est conclu par un recul de 15% des transactions réalisées en France. A Paris, la baisse a été plus importante puisqu’elle devrait s’établir aux alentours de -25%, voire même -30% par rapport à 2011.  On note également que sur l’ensemble du pays, le nombre de transactions dans l’ancien s’établissait en 2011 à 808 000 transactions et qu’il devrait tomber sous la barre des 700.000 en 2012.

Les vendeurs tardent à baisser leurs prix

Les acquéreurs attendent un repli du prix des biens mais de leur côté, les vendeurs hésitent à proposer des rabais. Cette situation explique le faible dynamisme du marché et aussi la faible évolution du prix des biens immobiliers. Ainsi, la FNAIM relève une baisse limitée de -1,1% sur l’ensemble du territoire au troisième trimestre 2012 (comparée au troisième trimestre 2011). Cette baisse très relative s’accompagne également d’une diminution de la taille des biens négociés. Sur l’ensemble du territoire, une transaction moyenne correspond désormais à un bien de 100 000 à 150 000 euros. Les ventes entre 250.000 et 300.000 euros sont, quant à elle, beaucoup moins fréquentes.

Bien que le coût du crédit soit historiquement bas, seuls 14% des Français estiment le moment propice à un investissement immobilier (résultats de l’enquête réalisée par l’IFOP pour la FNAIM). Par ailleurs, ils sont 41% à envisager une stabilité des prix pour 2013 (22% prévoient une baisse, 38% une augmentation). A cela, il faut ajouter que « le marché des résidences secondaires et de l’investissement locatif est complètement bloqué » comme l’indique Jean-François Buet, nouveau président de la FNAIM, qui envisage une baisse des prix pour 2013 qui pourrait atteindre – 5% sur l’ensemble du territoire.

Un climat d’incertitude lié aux réformes fiscales

Un grand nombre d’acquéreurs reportent leurs achats en raison des incertitudes liées aux réformes fiscales  en cours. La fin du Scellier, le prêt à taux zéro dans l’ancien, le plafonnement des loyers, la réforme des plus-values de cession, le plafonnement des niches fiscales, … l’immobilier fait l’objet de nombreux arbitrages depuis plus d’un an. Aussi, les futurs propriétaires n’ont pas une visibilité suffisamment claire sur ce qui les attend. Difficile dans ces conditions, d’accepter de s’endetter sur 20 ou 30 ans.  Malgré cette conjoncture immobilière morose, il faut souligner que le marché français reste privilégié au regard de certains pays d’Europe. Ainsi, aux Pays-Bas, en Irlande ou encore en Espagne, les prix et les transactions ont chuté de -25 à -30% en 2012.

Quelles solutions pour faire évoluer la situation ? Les professionnels ne sont pas les seuls à avoir leur avis sur la question : Interrogés par l’IFOP sur les mesures que devrait prendre le gouvernement pour enrayer la crise du logement actuel, les Français évoquent la relance d’un prêt à taux zéro dans l’ancien, la mise en œuvre d’un dispositif pour favoriser le logement des jeunes et l’encadrement des loyers dans certaines agglomérations.